IIISTOllrn SOCIALISTE le 10 thermidor (28 juillet), Dabeuf lui an110nçail leur prochaine mi,e en liberté, pal'ce que, disait-il, « le royalisme était devenu menaçant • (Idem, p. H;;J el que le gouvernement ne pouvait trouver l'appui dont il avait besoin (J11t' « dans les pall'Îoles caractérisés » (idem); celle même lellre contient des constatations réellement socialistes. Dabeuf remarque que le producteur ne peut plus racheter son propre produit : les « innombrables mains desc1uelles tout est sorti ne peuvent plus alleindre à rien, toucher à rien el les vrais producteurs sont voués au dénûmenl • (id., p. 14B}; • travaille beaucoup et mange peu, ou tu n'auras plus d~ travail et tu ne mangeras pas du tout • ,id., p. 147), voilit le langage qu'on tient au travailleur, voilà« la loi barbare dictée par les capitaux » (id,m). J'ai déjà signalé (chap. x), à propos ùe la Conslilulion de l'an Jil que, dans les deu ~ lellres « à l'armée infernale » des 1 i el tS fructidor (3 et 4 septembre), il protestait en faveur du suif rage universel (id. p. 168) et quïl protestait aus,i contre le système des deux Chambres, pour lui c·e,l « le peuple qui sanctionne les lois •• el contre le projet de rnpprimer la gratuité lle l'enseignement, les instituteurs, à ~on avis, deYant toujours être« salariés par la nation »(id., p. 169). Le 24 -fructidor (10 septembre), Dabeuf quittait la prison d'Arras pour rentrer au Plessi$ à Paris. D'après sa lettre i, Merlin (de Douai), in;érée dans le Moniteur du 2 nivôse an IV (23 décembre 179;:i)et dans le n• 38 du T,-ibun du peuple, il fut mis en liberté« quelques jours aprè; le i3 vendémiaire, r.on pas par l'nmnislie », 111aispar • un arrêté particulier du comité de sOrclé générale précédé d'un rappo, t, d'un examen dè toutes les chal'ges •· Cel arrHé, ùaté du 26 1·endémiaire (18 octobre), se trouve aux Archives nationales (F7 4.."78.) .M. Espinas (La l'hilosophie du xvm• siècle et la Révolution) s'est trompé à ce sujet p. 242), comme il s'est trompé (p. 210, note) en paraissant identifier un certain• Le Peletier de !'Epine,, avec Babeuf qui n'assistait pas à la prise rle la lla!lille, comme il s'est trompé à propos des incarcérations de Babeuf(p. 218, :!~1 cl 234), tout en prétendant à cr l égard "é1ilcr le$_confusions où les biographes sont tombés » (p. 237, note). Si M. E~pinas se trompe comme tout le monde, il faut du moins reconnaltre qu'il est ferme dans ses erreurs (p. 40, note). La lellre de Babeuf à ~lerlin (de Douai) était une réponse à un arrêté du Directoire (20 frimaire-il décembre) au rnjel de l'affaire de faux. Qu'était-il arrivé après le jugement du tribunal de Laon lui accordant, le 30 messidor an Il (18 juillet 1794), sa mise en liberté sous caution? C'est ce que le dossier que j'ai retrouvé el un ouvrage de~!. Combier, publié en 1882 et mentionné celle même année dans la Revue ltisto,·ique (t. XX, p. 387), sans que personne à ma connaissance s·en soit servi, la Justice criminelle à Laon pendant la Rtvolution, vont me permettre d'exposer; quant au dossier, le seul historien à ma conn,is3ance paraissant ne l'avoir pas tout à fait ignoré est M. A. Ora1lier de ca,sagnac qui, dans son 1/istoire d11Di,-ectoire publiée en 1855, donne
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==