Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

2()2 lllSTOIRE SOCIAI.ISTE pour le coton, calcule aussi par journée de douze heures; le Dictionnaire uni• verset de commerce, édité par Buisson en 1805, parlant du 1irocédé de fabrication de l'acier dans les forges del a Nièvre, prévoit encore un travail de douze heures (l. I", p. 33). D'autre part, le numéro de prairial an Xll (mai 1804) du !Julletin de la Société d'encouragement, à propos de l'assortiment de machines de Douglas pour la laine, table sur dix heures. On trouv~. en revanche, dans le• rapport fait par ordre du comité de salut public sur les fabriques el le com• rncrce de Lyon», par Vandermonde, le 15 brumaire an III (5 novembre iî94), celle phrase : • sans les besoins factices, on ne travaillerai l pas volontairemPnt seize heures survingl-qualre»(Joul'lwl des arts et manufactures, 1. I", p. 4); ou celle réflexion n'a pas de sens, ou elle témoigne que certains ouvriers travaillaient ~eize heures par jour. Le directeur de la fabrique d'assignats, dans une lettre du 15 messidor an 111-3juillet 1795 (Stourm, Les finances de rancien régime et de LaRévolution, l. Il, p. 307) au comité des finances, disait que ses employés étaient " à l'ouvrage depuis 6 heures du malin jusqu'à 8 heures du soir •; mais c'était là un lr av ail d'une urgence spéciale. En l'an IV (1700), l'arrêté que j'ai rapporté relalif aux ouvriers des papeteries semble admettre une journée de travail assez longue. La même année, il ne faut pas oublier la pétition d'entrepreneurs signalant l'esprit dïndêpendance des ouvriers, qui n'est guère compatible avec ces. longues journées acceptées• volontairement», il ne faut pas non plus oublier les plaintes de Chaptal, pélilion et plaintes résumées plus haut, ni ce mol à la fin de l'an VI (septembre 1798) de Duf'ort de Cheverny (Mémoires ... , 1. li, p. 386): • le peuple fait la loi pour son travail». El si, à la fin de ,eulôse an Il (mar, 171H),un rapport de police parlait de " la tyrannie des ouvriers ,, (flistuire socialiste, l. IV, p. 1778), il en était encore ainsi d'après le rapport du 1" messidor an XI (20 juin 1803), que j'ai cité au début de ce paragraphe, el qui signalait (revue la Révolution française, n• du 14 juillet 1903, p. 68) leur·• vexatoire influence • el « la dure dépendance» des fabricants à leur égard due notamment à • l'esprit de licence qui a prévalu depuis quatorze ans dans la société en général ». S'occupant de Paris, le Journal d'économie publique de Rœdercr disait dans son numéro (lu 30 nivôse an V (19 janvier 1707): « la classe ouvrière s'est remise à l'ouvrage à peu près comme du passé. Elle travaille un peu moins peul-être; mais tout ce qui la compose travaille également• (t. Il, p. 278). On lit dans un rapport de Regnaud (de Saint-Jean d'Angely): « La saison des beaux jours rendait au travail ce que les longues nuits de l'hiver avaient prêté au repos. Aujourd'hui ce n'est plus aussi utilement pour le travail que le soleil est plus longtemps à l'horizon » (/1/oniteur du 13 germinal an Xl-3 avril 1803). Voici, concordant avec les deux dernières cilalions, des fails qui montrent les ouvriers parisiens se préoccupant de la limitation de la journéede

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