Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

2'JD IIISTOJnE SOCIALISTE l'eau » et • la filature par mule-jenny mise en action • de cette môme manière ou • conduite à la main •· Le fabricant préf6rait le mode de préparation arriéré, parce que le coton lui revenait ainsi un peu meilleur marché - ~ans doute à cause des bas salaires qui sont un obstacle au progrès - que le colon Olé au mule-jenny. Au contraire, dans son Essai sur le perfection• 11ementdes arts chimiques, cité tout à l'heure et publié, on le sait, à la On de 179'3, en même Lemps quïl se plaignait que l'ouvrier pul imposer une augmentation de salaire - ce qu'il ne pouvait plus sous l'Empire, en 1806Chaptal estimait que • l'économie introduite dans les fabriques de coton par l'adoption des mécaniques pour la filature ... a été constamment de 10 à l:i pour 100 • (p. 72). Le document d'Amiens ajoutait que, dans les • 600000 kilos de colon filé» employés annuellement par les rabriques d'Amiens, « il n'entre pas le quart de coton filé par les grands établissements de filature ». Pour le filage des autres matières textiles, on était beaucoup moins avancé que pour le colon; d'une manière générale, en 1800, nous apprend le document d'Amiens que je viens de citer, c la laine, le chanvre el le lin • sont « encore aujourd'hui » filés au rouet. Voyons, cependant, les tentatives faites. Pour la laine, la Décade philosophique (t. VI. p. 335) nous apprend que l,ai~er avail imaginé, en l'an l!l, un métier mû par un poids descendant fort lentement et qu'il suffisuil de remonter lorsqu'il élail en bas, comme dans les anciens modèles d'horloges el de tournebroches. La même re,.ue(t. XXI, p. 496) mentionne un rapport du 15 prairial an Vil (3juin 17G9)sur un nouveau pro-· cédé de Kaiser et Delili pour carder cl filer la laine d'après le système des filatures anglaises de coton. Un nommé lleyer traita avec les inventeurs el forma à l'lsle-Adam (Seine-el-Oise) une manufacture où une livre de laine était convertie en un fil de 18 kilomètres, tandis qu'on n'était encore arrivé en France, pour celle même quanlilé, qu'à 7 ou 8 kilomètres, el en Angleterre à 12 en1•iron.Malgré ceue tentative el quelques autres de même nature négligeant généralement trop la préparation de la laine avant l'opération du Olage proprement dit, ce n'est qu·a,•ec Douglas (BuUetin de la Société d'encourageme11l, ans Xll et Xlll-180lel1805), au début du x1x• siècle, qu'on eut en France un as<orlimenl de machines qui Ill perdre du terrain à la quenouille et au rouet mû au pied ou même à la main; le • rouet à compte • indiquait en combien de tours de rouet était épuisée une livre de laine ( Forcslié, Notice citée au début du paragraphe, p. 43). Pour le lin, d'après Poncelet dans son étude sur les Machines el outils appliqués aux arts texliles (rapport sur l'Exposilion universelle de Londres en 1851), Demaurey (p. 153), d'lncarville, près de Louviers, • est regardé comme le premier qui, dès l'époque de 1797, ail entrepris d'une manière sérieus~ en France de composer un système de machines propres à • le Dier. Delafonlaine appliqua ce système au lin et au chanvre dans un établissement ormé à la Flèche en 1799. Le 23 germinal an VI (12 avril !7118), William

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