Jean Jaurès - La Convention

• IIISTOIIIE SOC:IALIST8 clic... li s·agit de la tragédie que vous ùevez donner aux nations. Il s·agit de faire to1111Jcsrous la hache des lois la lt',tc du tyra11. • Pui;:, comme autour de la I,·tlrc lollc de Holancl le débat tralnail, il demanda que la Convention stalmlt, « sans d6,emparcr, sur le sort 'du cidevant roi ». Mais comment statuer? el quelle majorité serait nécessaire Plusieurs prétendaient c1ue la Conl'ention devait s'inspirer du Code -pénal qui e,igeail, pour !"application des peines, plus que la majorité absolue (les deux tiers ou les trois cinquièmes des jurés suivant les cas). Danton soutint que le jugement rendu pour Louis ôtait un décret du souverain, et que la majorité absolue devait ;:ufnrc comme pour tous les décrets : « Je deman le pourquoi, quand c'est par une simple majorité qu·on a prononcé sur le sort de la nation enti('re, quand on n·a pas même pensé à élever celle question lor,quïl s'est agi d'abolir la royauté, on veut prononcer rnr le sort d"un indilidu, cl'un conspirateur, avec des formes plus sévères cl plus solennelles. • CL comme le rrjrl d!·jà prononcé rle l'appel nu peuple srnail d'argument à rcn, qui dcmanclairnt plus de garanlies pour cc jugemrnl d6,ormais définitif', ce l'ut une ocrasion pour Danton de rC\'cnir sur la qurstion décidée en ~on ahscnce cl de la marcp1cr de son empreinte : « Nous prononçons, comme rcpréscnlant par pl'OYision la sou\'crainelc'. Oui. par provision, car c'est dans Je peuple seul gu·elle réside. Je dèmanclc, si qna111lune loi pénale est portée su,· un indi1iclu quelconque, vou• renvoyez au peuple, ou si vous a\'n quclr;uc scrupule à lui clonncr une exécution immédiate. Je clemanclc si vous n·a,·ez pas l'Oté à la majorité absolu c seulement la nrpubliqur, la guerre : et je demande si le sang qui coule au milieu des to111/;als ne coule pas d1'fi11itirrmenl. • C'était un mol d'une logique terrible. A la m~jorili, ahsolue. cl sans api ri au peuple, le sang- de Louis peut bien couler aussi cléfinitil'emcnt. Pourquoi Danton, peu prodigue d'habitude de manirestations, intervint-il trois fois dans cette séance, toujours dans le sens de la mort et comme pour appeler sur lui les décisives responsabililés révolutionnaires? Cédait-il, en se retrouvant dans la Convention après une assez longue absence, it l'exubérance naturdlc des hommes qui onl gardé 1111 long silence• 011 bien, quoiqu'il n'eût pas le goùl d'être toujours en scène, et qu'il aim:11 au contraire, en pleine agitation, les intervalles d'obscurilé, de repos et d'oubli, avait-il quelque regret de n'avoir pas été mêlé de plus près au drame le plus émouvant de la llévolution, et voulait-il graver son nom sur la cloche gui allait sonner à l'univers la mort lr;1gique d'un roi? Peut-être encore, selon sa tactique accoutumée, voulait-il reprendre contact avec l'énergie révolutionnaire, avec la simplicité un peu brutale de la conscience populaire, afin de conquérir par là la force et le droit de consPiller bientôt et d'imposer la modération. li ne s'était pas lié à Dmuouriez : mais il s'était avancé dans la

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