1788 HISTOIHE SOC!A LIS'l'E plus complète da,1s ses effets, n'avons-nous pas besoin d'étudie,·, dans l'lii~- toire de /'esprit humain, quels obstacles nous 1·este11dt craindre, quels moyens nous ai·ons de surmonter ces ob~tacles? » El quelle profondeur ser~ine dans ses vues $Ur l'ancien régime! Comme on y démôle que la Révolution, prépJrée par loul le mouvement antérieur, n'en esl que l'accomplissement! C'est avec une exactitude nuancée que le philosophe caractérise les gouvernements monarchiques du dix-huitième siècle : • ce genre de despotisme dont ni les siècles antérieurs, ni les autres parties du mon 'e, n'ont olîerl d'exemple; où l'autorité presque arbitraire, contenue par l'opinion, réglée par le; lu·nières, adoucie par son propre intérêt, a souvent contribué aux progrès de la richesse, de l'industrie, de l'instruction, el quelquefois même à ceux de la liuerlé civile. Le; mœur;; se sc,nt adoucies par l'affaiblissement des préjugés qui en avaient maintenu la férocité, par l'influence de cet es,,ril de commerce el d'indu;;tric, ennemi des violences el des trouules qui Conl fuir la richesse; par l'horreur qu'inspirait le tableau encore réce!1l des barbaries de l'é~oque précéùente ; par une propagation des idées philosophiques d'égalité el d'humanité; enfin, par l'effet !en', mais stlr, du progrè, général des lumière~. • L'inlolüranc➔ religieuse a subsisté, mais comme une invention de la pru lcncc humaine, comme un hommage aux préjugés du peuple, ou une précaution contre son effervescence. Elle a perdu ses fureur;; le, htlchers rarement allumé; ont élé remplacés p1r une oppr~ssion souvent plus arbitraire mais moins barbare; el dan, ces derniers temps, on n'a plus persécuté que de loin en loin et, en quelque sorte, par hauilude ou par cvmplai,anr.e. Parloul, la pratique des gouvernements avait suivi, mais lenlemenl el comme à regret, la marche de l'opinion, el même celle de la philosophie. » De Loule façon une révolution élail donc inévitable, soit que les gouvernements hâlant le pas se ftl,senl mis d'accorJ a1·ec l'opinion et la science, soit que leur lenteur inerte, de1enue de la résistance à mesure que le mouvement s'accélérait, etll obligé les peuples à la violence. Condorcet faille bilan des deux formes possibles de révolution: el on ne sail à laquelle il etll donné la 'Préférence; mais !_esévénements n'ont ras lai,sé le choix, el il prend magnifiquement son parti de l'orage où il est enveloppé: « En comparant la disposition des esprits avec le système politique des gouvernements, on pouvait aisément prévoir qu'une grande révolution élail infaillible; el il n'était pas difficile de juger qu'elle ne pouvait être amenée que de deux manières; il fallait, ou quel i peuple établit !ni-même ces principes de la raison el de la nature, que la philosophie avait su lui relidrechers, ou que les gouvernements se hâtassent de le prévenir el réglassent leur marche sur celle de ses opinions. • L'une de ces révolutions devait être plus entière el plus prompte, mali
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==