Jean Jaurès - La Convention

942 lJIST(il 1\11 SOC!.\ LISTE « Cituyr11s, nr calomnirc pa., 1·n11,-111imes le j11_fJPlllPII/ fJIIP vous flllrc rendrr: n•posez-vous de ce ~oin -..urvo" (•1111cmi~. P;1r uni\ mesure a•1~si extraordinairr, ne jrlez pas l'al~r,ne rlans cl'lle cil,; que des scél(•rats YOUdraicnl peul-êlre agiter et qui sera calme si vous l'êtes vous-ml)mes. L'Europe vous contemple: vous devez m'e11lPn'1rP. » ~fois comment Boyer Fonfrède am,1il-il tenu ce langage ,i une rnrle ,le can,iih1lisme menaçait irrésislihlcmcnt l'.\ssemhléc. hurlanl dans it'S lrihun,•, ou à la porte de l'A,,r,nhléc, flrm111rlant la tl)tc des Mputé, 011 la lêle du roi'? ln,inucra-l-on que Boyer-Fonfrèdc, ayant volé coutre l'uppel au peuple et décidé il voler la mort ,ans con<1ilion et sans sursis. n'avait personnelJ,,- mrnl rirn ù craindre? ,tais c'eôt été pour crl homme, qui mourut 11ohlt•mcnt :1vcc ses amis, une 1aison de plus de prol,;~rr les r.irnnclins. l'l il au,·ait dénoncé avec plu-; de vùhémcncc 1111 péril qui, ~ans 1,, menacer lui-mi'me, eût pesé sur ses frères d'armes. \'r aiment, dev,ml lrs nd,t'-r:1hles jérémia1lc, dr Roland, on arrive it comprenrlrc pr<',qnc le sardonique édat de rire de Marat s'èrrianl ce Jour-là m,'mc, il la Co1l\'ention : « li, vous di,cnl <Juïls volenL sous les poignards, cL il n'y en a pas un seul qui ~oil ,~gratiu:nl•. ,, c·e,l un fait bien rcrmrquable qur, depuis l'ouverLure de la Rrvolulio11, aurun rcpr,·•senlant, qncl qu'il ~oil, ne lut frapp6 pour ses opin[ons « antipopulaires "· li y aura des députés livr,··, au trilrnnal révoluLionnaire el la Convention ,r décimera mis,'rnblement elle-mtlme. Mais ni sur ~foury, ni sur Cazal/>,, ni sur Mirabeau lorsqu'il hcurl1, violemment, flans le débat sur la paix ou la ,-:11crrc,le senlimenl du peuple Ile Palis, ni sur Barnave, ni ,ur aucun des t;irondins il rïy eut jamais un seul aclr ,le violence inrlhirluelle. Jamais la foule, jamais u11 individu surgi <le la fouir ne se ris1ua il les frapper. Tons ceux qui finirent par de, atlenlals in1livi<111rlscl hr,r, des formes légales, clcrnain Lcpcllclier de Salnl-Furf;rau, après-demain ,\farnl, appartiennent il l'e\trême-gaurhc de~ partis vopulaircs, eL c'est par des rontrerévolulionnaires qu'ils sont frapp6s. On dirait que le peuple révolutionnaire, même dans ~rs groupes les pltis forcPnés. a l'instinct prorond qu'il ne peul attenter il la vie ou m~rne il la dignité d'un seul représenlanL de h n tlion sans att 0 nlcr à la nation ellem•'me. Et c'est tl la Convention que le peu pie, aux journées de colère, dem.rndcra de frapper lies membres de la Convention. Ah! qu'on m'entende hien : je ne clis pas qu'autour de la Convention cl sur elle, il n'y avait, rn ces jours sombres, ni péril ni menace. Tous les Conventionnels, en jugeant le rni el de qu<'lque f:içon qu'ils dussent Juger, assumaient des 1~sponsabililé~ redoutables. Lai~saient-ils la vie au roi? ils risquaient de tourner un jour contre eux la colèrP peut-être aveui-:le du peuple exaspéré. Livraient-il~ le roi il l'(•chafaud? ils s'olîraient eux-mômes aux haines profondes de la contre-ré, olulion, aux poignards des royalistes fana•

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