1786 Il ISTO IRE SOCIALISTE plus largement le rrpos. Toutes les énergies, toutes les minutes, fonrnis- ,ent, comme les substances chimiques, leur rendement maximum. De même que la Révolution donne l'exemple de l'aclivilé véhémente et tendue, elle donne l'exemple aussi des vastes mouvemrnls de fonds. Songez qu'elle dépense plus de trois cents millions par mois, près de quatre milliard, par an el que le revenu total de la nation était évalué par la Commission des finances à trois milliards. Elle jette ainsi à la guerre, à la lil,erlti, à l'avenir, plu;; qu,i le revenu annuel total de la France. 'ferriLle dépense qui dévorerait en se prolongeant toutes les résencs de l'avenir; mais quelle c,citation de tout l'organisme I quelle fièvre de travail el d'inclmtrie pour soutenir la fiè\'re de combat! Et comment dans ce pro.ligicux ,'échainemcnt de l 1 vie nationale, y au rail-il eu pou1· les travailleurs détresse el misère? Thibeaudeau en une page de ses Jlémoires a noté cet énorme déploiement de force el de richrssc. Sur celle activité e,citée el va-te, la nature jetait un sourire, une lumineuse promesse de fécondité. L'hilrr rle iîOI fut court. l,;n prinlP.mps précoce prodigua aux arbres les fleurs, et l'été fécond cl splenùide besogna lui aussi, largement et vile, comme si la terre cl le ciel étaient gagnés par l'ardeur el la hâte des hommes. Ainsi que tous les travailleurs, tous les citoyens produisaient pour la liberté et pour la patrie; comme ils faisaient li!Jrcment le don de Jeurs force; à la Révolution menacée, cc noble rnrmenage rnlonlairc ne bri;ait pas les âmes comme un surmenage forcé el servile. Les ouvriers gardaient la force de J enser, el ils songeaient ;\ instituer des règlements de travail qui leur assureraient une Yie libérale el bonne. En l'an 11, les ouvriers de !'Imprimerie nationale demandent à la Convention la journée de neuf heures, huit heures de tra1ai! el une heure de lecture pu!Jlique; une souple cl· humaine disci• pline qui permette aux ouvriers d'assumer la part de travail de l'ouvrier absent, afin que chacun puisse, de l'.issenliment de ses camarades, se ménager ùes congés et du repos; enfin, l'institution des secours de maladie.,; et des relr.,iles de vieillesse. Que de sou!îrances inutiles ellt (pargnées au prolétariat l'entière victoire do la démocratie républicaine! Silencieusement, la grande pensée de Condorcet ouvrait l'a1·cnir. Dénoncé à la Convention par Chabot pour s'ètre permis quelques critiques à l'adresse de la Constitution el avoir e~primé ses préférences pour le projet rapporté par lui, il reste caché durant des mois dans une modc,te maison de la rue Servandoni, el là il ne s'aLandonne ni au désespoir ni à la colère. Il trace d'une main magistrale. • le 1'ablea1t des Progrès de l'l!.'spl'il lt1111UJin •· Les mémoires de Pétiou et de Buzot ne sont qu'un long cri de rage et de vengeance. Condorcet s'oulilie lui-même el ne songe qu'à l'humanité. Celte Hévolulion dont il fut un des plus nobles ouvriers, dont il va être. doot
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