iillG DISTOIRE SOCIALISTE llt'·hrrl ne pul rnincre son accabl,•mcnt. .'.lais ni les uns ni les autres n'emenl la hauteur d"esprit d'arnuer lwr pensée, de justifier leur tentative, dr proclamer 1cur dessein. Ils rurenl condarnn.\s à mort. Momoro enrnya à sa remmr un billcl d"adieu émournnt et fier : « Xe garde pas lïrnprimrrie que seule lu ne pourrais conduire. Elo\\"e mon fils à Mre républicain, comme je Je rus el comme je le suis. Je Yab tranquille à l'échafaud. • Le !(ran,l Clools, sur la charrelle, avail une sérénilé admirable. JI rcl(ardait d'un regard biemeillanl le peuple immense qui outrageait les vair:cu•. Quïmporle ! ridée oe peul mourir; H la sans-culollerie universelle couHira un jour le va,tr monde heureux el ;qJais6. • Ensevelissez-moi sous la, erle pelouse. » li rêvait aux bois, aux prairies que rommcnç·iit à é1eiller Germinal, et où circulait la sève infatigable de la vie, Nernrlle rnbslance des cho,cs et des Olres. Toute, les in,ectil·es, Loules les in-ultes, tous les rnrcasmes sanglants du père l)uche•ne remontaient l'Crs Hébert : le flot trouble et sale lui r, jetait toute, les ordure, qu'à plein, ba~uel,, pendant trois ans, il avait vidée,. « Mets la lèle à la fenllrc, pèr,• Duchesne ! Crache donc dans le sac, père Duchesne!• C'éta,ent les muscaiins el les conlrc-réYolulionnaires mêlés au peuple grouillant, c'étaient les révolutionnaires aussi, dans une confu,ion abjecte el lâche, qui soufflaient rhaleinr de sa propre bouche à celui qui allait mourir. Hébert pleurait. Quand il fut lié sur 13 planche, le charpentier aide du b,,urreau lui frolla le nez de rnn Lonnel rouge. Ces ùeux Ames étaient de niveau. Ces e,écutions laissaient dans le peuple un grand troùùle. Les uns. en petit nombre, persislaienl à penser, même après le jugement, que le, condamnés étaient innocents. La plupart disaient: Mais à qui doi,c pourra-l--on se confier maintenant? Seron,-,nous toujours trompés? Ceux qui font des motion, modérée, !-Onl smpeets; et ceu~ qui font des motions Yiolente, :;ont des traitre,; qui cherchent à nous éblouir. On savait 6ré au Comité de Salut public do sa , igilance, :de sa fermeté. Mais on nvail l'impression que, pour ne pas se laisser devancer par les conspirateurs, il a,ait élé obligé de syslcmalisl'r 1lil peu les oho~es, èe forcer les griefs, tic tr1ms'.ormer en un complot tout rormé, taol près d'éclater, ce qui n:avail élé peul•étre que le rOve incertain encore d'esprits wrcha.ullé~. Ce matai~•· dcscen~ail, en quclquP sorte, de couche en coucile jusqu'au tond de la conscienc<' rrî"olulionnaire, et il allait gàter jusque 'daas le pa&eé les souvenirs révolutionnaires et les pieuses admirations du f)Nllple. Car enlo, ces hommes qui vimrnent de mooter à l'échafaud, ils se di&aieDl auaüsMs, :et se rcclamùf'.nl de Marat. Albertine Marat, la lllllUr'du 3raad -t, iear a, ail écrit une lellrc d'adhésion el de sympathie. Et où se renseignait Marat
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