Jean Jaurès - La Convention

JllSTOIRE SOCI,\LlSTE C-e,t le 23 ventôse (l:l mar~). que le Comil6 frappa. c·esl Sainl-Ju-l, celte fois encore, qui fut chargé du rapport. Fidèle à sa lactique ou plutôt à ,on point ,1~ vu•, il se gar le dr concentrer sur l'héberli,me toute l'allaque. El q111n•lon lit ce liis,o ,rs, on se demande s'il va être suivi 1,ar l'arre,lnlion dts 1l.111lonbtes0•1 par celle des hébertiste,, ou plutôt on rst sûr qu'il sera suivi, peut-être le même soir, peut-être à quel 4 uesjours ùïulcnalle, •le rarreslalion des uns cl des autres; el ce fut ,impltment l'impatience •Je, h~hertiste, se préparant à un coup de main qui leur nssura un tour de I rior:tû. 0:1 dil Jarfois que Robespierre el le Comité de Salut public se sont sen i:; di;, danlonistes pour frapper l'hébertisme el qu·ensuile, par un coup de ha-cule ,·iolent, ils ont eu raison du dantonism•. :--on, la marche du Comité de Salut 1,ublic ne fut pa, •ournoisr. Le discours de S 1int-Jusl était une ~orle d".,cte d'n - cus1tion collr'tif où Danton était envelo;,pé comme 1161Jerl.La foudre ,:ro,idail sur tout l'horizon à la fois: Saint-Ju,t a,·ail trouvé, dans les ,oupç, 1s du peuple, qui s'exa3ér.1il rolontiers l'intervention de l'étranger d lll• l,·s affaires intérieures de la Ré\'olution, le moyen commode de grouper le, grief, les plus divers. C'est de ce centre de pcrspccthe qu'il déwloppa Lous le, complot,. Ou plutôt, il n·y al'ait, sous l"apparence ùc com;iloh multiple,, qu·un seul complot, le complot de l'étran3er cherdrnnl à per,l!c la Rérnlution, tantôt en corro npanl quelques-uns de< r~Yolutionnaires pour dé-hou r r toute la Convention, tantôt en C\Citanl à« cummellre des atrocités p,ur c11 ace S'r la füh,,lulion et le peuple,,, tantôt en cou,cillanl uae "parricide 1 ,. dul~cn,'e » qui Jilnit h lih ·-..:: Chi bol, llébcrl, Danton. s,1int-Ju,t qui amit l,• ,,,ns de la n1ture, de se, phénom~ncs lar,,'s et , n pc.1 confus, con'on lait dans un si mbolisme v.1ste les conjurations en apparence les plus dblinc!es : • To·is les co:npl,,Ls sont unis; ce sont les Ya~ues qui sc1uùknt ,e fuir et qui se mêlent cependant. L~ (action des indulgents qui veulent saurer les crim"nels, el la faction de l'étra11ger, qui se montre hurlante, parcP q·i'elle ne peut faire autrement sans se démasquer, mais qui tourne la ,év~rité contre les dé pn,eur, du peup)e; toutes c~s factions se retrou1ent la nuit pour concerter leurs allentals du jour; elles paraissent se combattre pour que J"opinio, ,e combatte entre elles; elles se rapprochent cn,uite pour étouffer la liberté entre deux crimes ... • c·esl l'étranger gui attise ces faction~, qui les fail se déchirer par un jeu de sa politique, el pour tromper l'œil olJ,èrl'aleur de la justice populaire ... C·'s partis divers ressemblent à plusieurs orages dans le mêmP, hori1on, qui rn heurlenl el qui mêlent >eur éclairs et leurs coups pour frapper le peu. le. • Le soir même, Momoro, Yincenl, HélJerl, Ronsin étaient arrêtés. El Robespierre, reparaissant ·pour la première fois ~epuis un mois aux Jacobins, venait prendre la re,ponsabilité de la décision lt'rrilJle, cl surveiller l'e[et pro-

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