Jean Jaurès - La Convention

1760 HISTOJfi E SOCI ALISTR terail à la ~lonlagne groupant autour d"elle toute la Convention, à Danton, au Comité de Salul public, à la politique et à la vigueur de Robespierre. llenriol, calculateur épais, se réservait. Pache avait, sans doute, quelque sympathie secrète pour celle vivante el piailleuse nichée révolutionnaire qu'il avail couvée le premier au ministère dela guerre. Mais il avait resprilexpeclanl cl silencieux. Les héberlisles ne pouvaient non plus faire fond sur Collot d'Herbois. En ces Jours difficiles, il Jouait la conciliation. li allait des Jacobins aux Cordeliers, des Cordeliers aux Jacobins. li morigénait les Cordeliers pour avoir voilé la Déclaration des Droits de l'Homme: • Est-ce qu'on peul voiler la nature?• El il noyait leur faute sous des effusions fraternelles. Mais ni il ne désarmait les plus entreprenants des Cordeliers de leurs pensées insurrectionnelles, ni il n'endormait le regard aigu clu Comité de Salut public. C'est Ronsin, semble-l•il, el Vincent qui avaient seuls une idée nelle el une lactique. Ronsin surtout; c'est par lui que le mouvement cordelier el héberlisle a un sens. L'idée mère, c'était de reprendre ou de paratlre reprendre la politique de Marat. C'est pourquoi le cœur de Marat élail exposé aux Cordeliers comme une relique. C'est pourquoi les Cordeliers fondaient un Journal impersonnel et collectif destiné à continuer officiellement la pensée de lllaral. Et eux-mêmes disaient que les vrais révolutionnaires devaient renoncer à Louleautre appellation et se déclarer simplement « maralisles ». Or, être maraliste en mars 1794, cela, pour les Cordeliers, signifiait deux choses. D'abord il fallait se dé· barrasser, d'un coup et par la violence, dos ennemis de la Révolution, il fallait purger les prisons des aristocrates, des modérés, des Girondins, des suspects de tout ordre qui les encombraient, seplembriser les contre-révolutionnaires. El (c'était là encore la pensée de Moral) pour que cette opération ne se fasse point à l'aveugle, pour que !"ignorante fureur du peuple ne laisse pas échapper les contre-révolulionnaire,, el ne s'égare pas sur des patriotes, il raut que l'opération soit dirigée de haut, avec des pouvoirs très courts mals dictatoriaux, par un délégué révolutionnaire. C'est ce que Marat appelait un prévôt révolutionnaire; c'est ce que les nouveaux maratistes appelaient « un grand Juge •· Ainsi le chef du pouvoir révolutionnaire serait avant tout un justicier. litais sur quelle force active et organisée pouvait compter laRévolution T Ronsln n'élait pas stlr que la garde nationale marcherait. Mais lui-même Ronsln n'était-il pas le commandant en chef de l'armée révolutionnaire, C'est elle qui serait la grande force révolutionnaire. Divers témoinsdéclarent que Ronsin voulait la porter à cent mille hommes. Quel cridlt accorder à ces témoignages? On ne peut les accuellllr qu'avecune extrêmerésene. Quand on son;e que DilhuJ-Varenne3, commentant, le U mars, aux Jaco-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==