Jean Jaurès - La Convention

JIIS'l'OIHR SOCI.\LIS'l'I•: « On ,ail que ,1. Ocharil1., chargé des affaires d'Esi:agne, l'Oulut lr,1it1•rla plus grnnde a!Tairc de la Comention par la voie de, négociations. •La discussion étanttoul enti~re dans l'.\s,emhlée. l1•smini•trrs, 1i'élanl pas aulori,és, ne purent écouter se, proµo,itions, ,1. Ol'haril1, s"aclre,sa aux Girondins, comme étanl plus connus à la tribune l'i dèvanl avoir une influence décisive clans les Mliuéralions, d'autant plus r1ue les Girondins euxm~nws se d~nnaienl au dehors une importance rvfu,ivr. ,1. O,haril, en outint l'amendemenl de ,lailhe ... S'il a,ait clé ail mi,, c'i'lail i:ai:ner rlu tcmp,, et en rérnlulion le temps suffit. Peut-être, en cela, ,1. O,·harilz eut-il tort de prendre la partie pour le loul. « Je suis porté à cr, ire que celle n~gociation se fit avec honneur: il n"élail pas que~lion à celle époque de Irai ter les a!Taires en argenl. On disrulait dans l'importance du temps et en dehors des inléréts prilés. « li e,l à remarquer que les Girondins prenaient partout l'iniliati\·e. soit dans le pru de diplomatie qui e,i-tait, soit dans la haute admini-tralion, à la tribune, san;; s·occuper de, autres députés qui n'étaient point dans'""" ,i·-- tème, quels que fussent leurs talenls: cc qui n'était pas Girondin ,;tait. à leurs }eux. comme nul et sans exbtence. La )lontagne les lai,sait faire, sachant lri·s bien qu'elle détruirait quand elle le voudrait les arguments, les négociations et les traités par un sèul mou,ement de paupières ... le quo, eqo de Jupiter! • Baudot ajoute en note : • Quelques-uns ont l r<'tendu que Jlailhe eut trente mille francs en pia<- tres pour son amendement, je suis a-Sl't porté à le croire. • Hobespierre en était convaincu: il écrit clans ses lettres à ses commettants que la proposition de '1ailhe était « anssi bizarre quïmprévue ». li appelait ~lailhe • le plus immoral ries hommes•· Cet alfairement de la Gironde à se mêler de tout, à assumer san< mandat des négociations secrètes, était pour elle plein de péril•. Elle s·expo,ait sans cesse étourdiment ou à la calomnie ou au soupçon. Dcjà les réYolutionnaires commençaient à être obsédés par l'idée que • l'or étranger » jouait un grand rôle dans la Révolution. Quand ce n'étaient pas les florins c'étaieut les guinées, et quand ce n'étaient pas les gninées, c'étaient les piastres. Tous les partis se rejetaient l'accusation infi\me. Tanlôl I étranger payait « les agitateurs », les • anarchistes •• tantôt il payait « les modérés ,,. Précisément, à propos du procès du roi, et pour combatl1·e l'appel au peuple, Camille Desmoulins avait prodigué les insinuations. Il cite une phrase de Pitt, du 21 décembre : • La Chambre peut être convain~ue que tous les moyens imaginables ont ~té employés pour détourner de dessus la tête de Louis X\'l le sort a!Treux qui le menace ainsi que sa famille, et que tous les hom1t!tes 9ens doivent

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