Jean Jaurès - La Convention

lî~û 111S'rOIHE SOCIALlS'l'E quitté Pari, pour émigrer, pour otrr~· tes 8ervices it la contre•révolulion. 'rn ne le ,avais pas? Apprends-le. Ce sont des hommes nouveaux venus dans la nèYolulion, mais plu~ capables, parnlt•il, de la servir que toi et moi, qui ont raconté ers choses. • Sous celle âpre ironie, llébert, cette fois encore, garde le silence. C'est ù fond, c'est sans précau tiob tortueuse, c'est avec le désir évident, passionné, de sauver celte grande force révolutionnaire, que Robespierre s'engage alor;; avec Danton. El sur ce point encore il fait courageusement reculer l'hébertisme. Enfin, s'il est impossible à Robespierre de surveiller de loin les proconsulats révolutionnaires de Carrier, de Fouché, de Barras, de Collol d'Herbois, sïl lui e,l impossible à distance de démêler les acles néce,saires de répression des sau,•ageries inuliles de crnauté et d'orgueil où les hommes se laissaient entrotner, s'il lui est impossible notamment d'entrer en lutte direcle contre son collègue Collot d'llerbois et de risquer ainsi une dislocation du Comité de Salut public, du moins il fait conuailre par tous les moyens que ni la Con,ention ni ses représentants« ne doivent mulliplier inutilement les coupables•. li est de plus en plu, étroitement et de plus en plus ou, erlement lié à Couthon, qui eut tous les courages, excepté celui de verser le sang à Lyon. Il envoie son frèrr .\.ugustin en mission dans le, Ilouches-clu-Rhùne a1ec de, in,truclions si fermes mais si humaines que hicatùl Lous les opprimés se tournent vers lui, tous les ,iolenlés lui demandent protccticr:, et que le nom de Robespierre clevienl dans cette région du ,\lidi le symbole de la ferme et clémente justice. Quanù les ~lar~•!illaisenvc,:~nt une dél(•gulioo aux Jacobins pour dénoncer les excès <'e répre;;,ion de Barra,. Robe~pierre dit que ce ~ont de bons patr:ote-, el_qu'ils doivent ètre eute:iùus.11 envoie Saint-Jnstit Strashourg pour mettre un 'erme à la (ÜCt,nurd .;uJï•'·1t boulîonne, parfois sanglant,•, (le l'~ Il· cicn chanoine a'leman I Sclrneid,'r. Bt J;i. la politique C_eSli11t•Ju,l e,t d'auta,,l i,l!•s remarquahle qu'elle esl en coolradiction, m.;me avec ce que les journau, dérnuc,;,. b .\Ionla.;ne el à R be-pierre a,dienl depui, longtemps conseillé. Qu'c,11 !be, par e~erni1le,les correspoodanc<>s tle Strasbourg au Journal lie la .lfo11tugne en seplernbi·e et oçtolJre 1703; on y verra que les citoyens ,le ~t: as!Jourg sont d'un pa riulbme rèvulutioanaire fort tièùt•, qu'ils sonl plu,; ou moin, dévoués à Dielri~h cl à la vieille bourgdoisie strasbourgeoise, t•l quïl faut,,, senir des « palriote:; allemands », pour ré,olutionoer la ville. Je L:,, par e\e;11ple, dans le 11uméro ùu 2 ,eplcrnbre: « L'énergie de la Société ~opulaire s'est soulenull tant qu'il y a eu à Strasbourg une ..;anùsrrn co11,i érable; mais celte garnison ayanl été alfaiblie, les bourgtois•clients ont levé la tète, et la Sociélé populaire a perdu une grande pa, lie dP-la liberté de ses délibérai ions. Le mal a élè augmenté encore par la permanence dPs section,. lt·1hl, 11uijus,1u'alors avait paru allaché à la cause

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