HlSTOlllE SOCIAl,lSTE libres, la coalilion ne perd que des esclaves » ; ce par li pris de la guerre illimitée était odieux. El dans les notes où il se résumait à lui-même sa pensre, Robespierre disail : « Il faut armer non pour aller au Rhin, c·csl la gutrre N,•rnelle, mais afin de dicter la paix, paix sans conquê/e. • Penser cela, es,ayer de réaliser cela, Cf'-était ollrir à la Révolution la dernière chance de salut. Il n'y a point contradiction entre celle politique de paix el la défiance haineuse de Robespierre à l'égard de l'Angleterre, du pruplc anglais comme de ,on gouvernerne11t. Il ne consentait pas à faire la diŒérenrc; il renrlail la nation anglaise responsa!Jle de la politique de Pitt, puisqu'elle lolérail Pitt. ~lais c'était encore pour lui un moyen cle préparer la paix en coupant court à toute pensée de propagande. li disait au, Jacobin; : • Le peuple anglais est en arl'ière ile vous de cleu, siècles. S'il ,eut la li,bcrté, qu'il la conquière lui-même. » El cela signifiait:• Pas plus aupri·s du peuple anglais qu'au près des autre, peuples, ,ous n'avez chance de susciler d'emblée un mouvement d'opiuion qui vous seconde. Vous êtes donc conrlamnés à faire la guerre tout seul•, cl comme 1ous ne pourriez ainsi la soutenir longtemps, il faut ~aisir toutes les occasions qui ,'ofTri,·ont de faire honorablement la pai,. li faut profiter de• victoires qu·onl su ménager à la France l'énergie el la sagesse du gou\'Cr• nemcnl révolutionnaire, pour« dicter la pah •• non pas une pah amhilit'use cl conquérante, mais une paix qui garanli•,c à la Francr, dans ses limites traditionnelles, l'usage paisible et fort de sa liberté enfin conqube, le droit el le moyen de mettre la Révolution en œuvrc el cl'organiser la démocrali<'. » Quel scandale pour Cloots I C'est bien la « paix plâtrée• qui Iïndigne, la pai, d"abdication etde trahison, la paix d"humilialion nationale el humaine. El !"historien Avenel, fidèle à l'esprit de l'hébertisme cl aux métaphore; m,'•mr, de Cloots, désigne les amis de la pah, les ré\'olulionnaires robespicrrbtes, sous le nom de« pacificateurs plt\lrier, "· C'est une de ces genlille,ses romantico-héberlistes où se complait 3on ironie lourde. ~lais qu'imporlailau, hébcrlistes l'incohérence de Cloots? Il couvrait de sa philosophie l'i rnmense appétit de pou,·oir militaire, de grades, de galons, de lucratives conquêtes, que seule la guerre immense el éternelle pouvait apai,er. Contre ce parti héberliste gui n'avait ni programme social, ni programme reli,:icux, ni tactique militaire, ni système administratif, ni vigueur, ni humanité, el qui ne représentait qu'une surenehère de sang et le déchalnerm ni illimité du fonctionnarisme militaire el de la guerre épuisante, Robespierre lutte avec force, avec un mélange admiraule de férmeté el de souplesse. JI ne Je· provoque pas, il n'envenime pas les difficultés par des déclamations el dénonciations éternelles à la mode giron dine. Il oppose aux héberlisles ce qu'on peul appeler des lois organiques de Révolution, la loi du 17 septembre qui, pour prévenir le fédéralisme seclionnaire, oblige les comités de sur1eill ance il correspondre directement avec la Convention et avec elle seule, de,liluanl ainsi
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