1692 HISTOIRE SOCIALISTE Custine. Et ce n'est pas seulement Cus1ine, c'est Houchard victorieux qui monte à l'échafaml. Il est malaisé de faire la part des responsabilités dans les désa,tres de la guerre de Vendée en aollt el septembre. Ils tenaient sans doute autan l à une anarchie générale que le Comilé de Salut public n'avait pu d'emblée discipliner dans l'Ouest qu'à l'incapacité ou aux vices des hommes. Etje me garderai bien d'accueillir contre Rossignol, même contre Ronsin, les accusalions véhémentes de Philippeaux, dont le parti pris révolla justement Robespierre. Mais à prendre les faits et les résullals, ni Ronsin, ni Rossignol, ni Séche11esne firent preuve de qualités militaires remarquables. Rossignol, le meilleur de tous, le plus honnête, le plus sincôre, le plus probe, reconnaissait modestement son insuffisance. La chance de la guerre ne tourna au profit de la Révolution que lorsque le Comité de Salut public intervint vigoureusement en octobre, et mil fin au désordre que ni le ministère de la guerre où dominaient les influences béberlisles, ni les chefs héberlisles envoyés surplace n'avaient su prévenir ou rèprimer. Si le Comité de Salut public commit une erreur en nommant lïncapablc Séchelles, en octobre, pour commander une des grandes armées de l'Ouest, ce fut à la recommandation des héberlislcs, pour ne pas rompre avec eux, pour leur prouver que ce n'était pas dans une pensée de coterie et d'exclusion jalouse, mais clans l'intérêt de la Rérnlulion, qu'il remaniait dans l'Ouest les armées el y renouvelait le commandement. Séchelles d'ailleurs s'elîraya bien vile, lai;;sant la place à Klébe1·. c·esl dans cette période que le Comité de Salut public discerne, encourage, élève aux plus hauts grades les jeunes chefs iulelligenls et héroîques, les Marceau, les Kléber, les Jourdan, les Hoche, qui feront reculer la conlre-révÔlution européenne. Hébert, qui dénonçait pres• que au ha~ard, qui fut pris, à propos du représentant Duquesnoy envoyé aux armées et dP, son frère le général Duquesnoy, en flagrant délit d'étourderie calomnieuse, aurait-il su démêler dans la nouvelle génération des comballants rérnlnlionnaires de 1,Ius fermes esprits el des cœurs plus nobles? Il aurait, au contraire, élou!ît\ Lous les germes héroîques en accablant Lous les officiers sous les mêmes suspicions ou les mômes déclamations jusqu'au jour où il aurait pu distribuer à quelques incapables des bureaux de la guerre el des sections tout l'or des galons el tout l'orgueil des panaches. Est-ce d'un chef héberlisle, est-ce de \'iocenl ou de Ronsin, est-ce même du ministre Boucholle qu'est venue la grande idée lactique de l'olîensive par grandes masses qui a sauvé la Révolution? :'1'>11e,lle est de Hoche el de Carnot, et j'ai Ùéjà noté que Marat qui, en juin el juillet, reflétait, dan~ les questions militaires, les opinions des bureaux de la guerre, concluait à une guerre de défensive dispersée, c·esl-à-dire à la défaite certaine et à la prompte démorali~atioo des armées de la France révolutionnaire. Le royaliste Mallet du Pa11, observateur avisé et qui a la haine de la démocratie, de la Convention et du Comité de Salut public, a bien vu l'œuvre
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