Jean Jaurès - La Convention

16,8 IIISTOinE SOCIALISTE la ConYention, pour maximer l'ensemble des marchandises, de prendre pour base les prix de 1790. A ce moment, les perturbations économiques résultant des Msignats, de la µ-uerre, des désastres coloniaux, des agitations révolutionnairrs, ne s"élaient pas encore produite,: depuis celle époque, non seulement il y avnit eu nnc hausse c:énérale des marchandises, mai, il y arnil eu une hausse particulière plus marquée de quelques-unes d'entre elles. Ainsi, prendre comme base des mercuriales ultérieures, c"était s'exposer à consacrer et à conrnlidrr des rarports de prix factices et accidentels entre les diverses catégories de produiLs. L'année 1700 olfrait au contraire une mesure normale, et lrs rapports de prix y étaient déterminés par les frais de production et par le bénéfice moyen. ~lais comme il y avait eu depuis lors une hausse générale et comme il n'était pas possible <l'espérer qu'on ramènerait d'emblée l'as,ignat au pair, la Convention décréta que le ma~imum serait formé du prix de iî00 et du tiers de cc7n·ix en ws. A vrai dire, il semble que la Comcntion aurait pu ne pas se préoccu;wr de cette dépréciation de l'assignat, et s'en tenir purement cl simplement aux prix de 1;90, Qu'importe, en effet, au 1na1·cband de laiue de vendre sa laine cinquante pour cent de plus qu'en ii90, s'il est obligé en môme temps de payer cinquante pour cent de plus tous les produits qu'il acltèle? Du moment qu'en somme toutes les valeurs de 1i90 uniformément majorées de cinquante pour cent garderont exactement leurs rapports de 1700, pourquoi ne p~s e,primer ce rapport de valeur sous la forme m~me qu'il avait en iî00. el s·en tenir purementetsimplemenl aux prix de celle époque? Oui, mais d'abord tous les produits, toutes les marchandises n'étaient pas compris dans le nouveau tableau du maximum, si étendu fût-il. Le prix des grains, par exemple. étant maximé au prix courant des quatre premiers mois de iî03, était fort supérieur à celui de 1700. Dès lors le pouvoir d'achat des assignats aurait éto moindre pour les blés que pour les autres marchandises ou denrées. De plu•, l'assignat perdant par rapport à l'or et aux papiers étrangers, il étail difficile de lui donner une valeur pleine pour tout le reste sans produire un dé,équili!Jre inquiétant. Or, si les assignats avaient pu acquérir tous les produits selon les prix de i790, c'est-à-dire selon des prix antérieurs à ceux que la baisse de l'assignat avait produit,, c'est comme si l'assignat arnil eu sa valeur pleine pour tous ces produits, tout en n'ayant qu'une valeur réduite à l'égard de l'or et des effets étrangers. Enfin, si le prix de tous les objets avait été ramené aux prix de iî90, la valeur des assignats en circulation aurait été singulièrement accrue. Les détenteurs d'assignats auraient pu, avec une même quantité el une même valeur nominale d'assignats, acheter beaucoup plus d'objets qu'avant la loi du maximum. El ramener les prix des obje_tsau niveau de 1,90 aurait eu pour conséquence d'abord d'enrichir démesurément

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