Jean Jaurès - La Convention

UISTOII\E SOCL\LlS'l'F. lli07 « On n'a pas toujours aboli la royauté pour avoir conùuil un roi à J"échaf.;ud. On n·a pas toujours écrasé la tyrannie pour a\·oir écrasé une faclion contre-révolutionnaire. L'histoire nous apprend que les Romains, apr~s ,'0lre ,ouslrails au joug de la monarchie, ne tardèrent pas à gémir ,ous le joug des sénaleurs. Le despollsme le plus brulai csl celui qui se propage dans les gouvernements de plusieurs, et, quelque hommage que je rende à la Révolution, Il n'esl guère possible d'éprouver sous le règne le plus barbare tant de persécutions à la fois. « Aprè, avoir dèpl•)yé, j'o,c le dire, autant de caractère, les ennemis de la pairie assouvissent sur moi leur rage el leur fureur, ils se sont servis d•' moi pour éclairer l'opinion publiquP, aujourd'hui ils me répudient. La r.011venlion nationale me frappe d'anathème à J"occa~ion d'une adresse qui méritait à ,on auteur une couronne civique. Les intrigants se ,en;rent du pr( · te\le cl,• l'opprobre dont je venais d"èlrc comcrt pour me raire expuber du club des Cordeliers qui a applaudi mille fois à mes principe,. • Et, persiotanl à se réclamer de )larat, si hrutal pour lui : • Mais quoi, ajouLc-t-il, Marat n'a-t-il pas été persécuté pendant trois légi,latures; on peul me frapper aus,i; on peut frapper • un homme qui • dit des \ érilés dures, ne compose jamais avec les principes el ne rend • hommage qu'à la vérité ... • • Je poursuivrai les ennemis clu peuple avec le m~me courage que ~laral, bien que Je sois éloigné •l"a\·oir les lumières de cc gran I homme. • El toujours, par une pente de son esprit ou par une perfi lie haineuse, il µ-li"e la glorification de l'ancien régime oppo,é par lui à la Révolution. Ce ne ,ont 1,as les préfets de police ou les pré1ôts des marchands de l'ancien régime, re ne sont pas les Sarlincs et les Fleôselles qui auraient né.;ligé de ta,er les denrées; ce n·esl pas sou, un roi que Jacques Roux aurait été molesté comme sous la République! C'était, chel ce prêtre, une étrange el dangereuse manie. u 1oilà, pour un temps, réJuil à l'impuls,anc,'. li a,·ail rédigé un discours •ur • 1-~~ cau.1es de, 1,1alft1,11rs de lrt Rtlp11bliq11e /1·,mçaise », el il en arnil annoncé la puhlicalion à la fin de la brochure qui contenait son adresse à la Convention. Le manuscrit en a été conservé. Rou~ y insiste encore sur les méfaits ùc la bourgeoisie révolutionnaire. • L'ennemi au dehors et au dedans, l'agiotage, l'accaparement, le discrédit du papier-monnaie, les gens de robe el d'épée, les bourgeois ont accaparé les biens du clergé et les domaines nalionau~, ils ont accaparé le commerce et, grAce à eux, la Révolution n'a pas donné aux pauvres et anx ouuier, ce qu'ils étaient en droit d'en attendre. « Frappez de mort les accapareurs ; les lois sont insuffisantes. Le Prus1len qui est à nos portes est moins dangereux que ceux qui ne permettent pas par leurs monopr,les, leurs accaparements el leurs agiotages à l'ouvrier el l l'arUaan de se nourrir. Agioteurs! avant h prise de la BasllUe vous n'étiez

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