Jean Jaurès - La Convention

t5()8 lllSTOIRE SOCIALTSTE esl temps que le comhal à mort, que l'égoïsme livre à la classe la plus l.1borieu,e, fiuis,e. Prononcez contre les agioteurs el les accapareurs; pronon cez, cl le, :;ans-culolles avec leurs piques feronl exécuter vos décrets. • La propril'lé des fripons esl-elle plus sacrée que la vie de l"homme? Les :;uhsistances doivent être à la réquisition des corps adminislratirs, comme la force armée esl à leur clispo,ilion. Le législateur a le droit de cléclarr r l:i guerre, c'c,t-à-dirc de faire ma•sacrer les hommes. Comment n'aurait-il pas le ,:roil d"cmp~cher qu'on pressure el qu'on alTame c?ux qui gard ·ni l eurs foyeri.;? .. El id Jacques nou~ r,·proche à la Convention de n'avoir p1s pri< comme ota.:es le, f,•mmes et les enfants des émigrés; de n'avoir pas confis111 1~au profil des volontaires el des veuves les trésors acquis drpuis la fiévolu lion 1 ar les banquiers el les accapareurs : • ~e craignez pas de rendre le peu ple trop heureux. li mus a prouv•\ nol~mmenl dans les journ, 1es du 31 mai el du 2 juin, qu'il voulait la libf'rté tout entière. Donnez-lui en échinge du pain el un décret; e•np'chezqu'on ne melle le bon reupleàlaqueslion ordinaire el e~lraordin~ire p•r le I rix excessif des comestibl~s. ! Les marchanrls onl ab 1,6 cle la liberl; du rommerce pour opprimer le peuple; ils ont faussement inlerpré(6 la Déchralion des Droils de l'hommo qui <Tilqu'il est pcrmi, d, faire Loul ce qui n·esl pas défendu par h loi. • Décrélez conslilulionnellemenl que l'a~iotage, la ,enle ùe l'ar,;enl-monnaie el les accaparcmPnls sont nuisibles à la société. • Si le peuple voit r'ans l'aclP conslilulionnel une loi rlaire et précise contre l'agiolage cl l'accaparement. il \erra que vous voulez sérieusement guérir ,es ll)au1, el qu'il ne siège pas parmi vous des banquier~, des armateurs el des monopoleurs. • Yous avez décrété un emprunt forcé d'un milliard sur les riches, mais si vous n'arrachez l'arbre de l'agiotage, si vous ne mettez un frein nation al à l'a,iùilé des accapareurs, le capilalisle, le marchand, dès le lenùemaiu. l èveront celle somme sur les sans-culolles par le monopole el la concuss ion. C! n'esl donc plus l'égoMe mais le sans-culolle que vous aurez frappé. Ava! !l ,otre décret, l'épicier et le banquier n'ont cessé de pressurer les ciloye ns : quelle vengeance n'exerceront-ils pas aujo11rJ'hui que vous les mellez à contrilmlion I Quel nouveau tribut ne vonl-ils pas lever sur le sang el les Jar 111es des malheureux! « En vain objecterait-on que l'ouvrier rrçoil un salaire en raison de rau;;mentalion du prh de, denrées; à la véril6, il en est quelques-uns dont l'industrie est payée plus cher; mais il en esl au~si beaucoup donl la maind'œuvre esl moins ,alJriée depuis la Révolution. D'ailleurs, tous les citoyens 11esont pas ouvriers, el Lous les ou Hiers ne sont pas occupés; el, parmi ceux qui le soul, il en est qui ont huit el dix enfants iocapablea de gagoer leur vie, el les lemmes, en général, ne gagnent pu au delà de vingt sous par

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