Jean Jaurès - La Convention

fl!STOIRE SOCIALISTE mique, d'anarrhie et de conrurrencc capitaliste que 13.1beurentend maiutrnir pour lïndustric? Au fond, si l'on y prer.d bic•1 garde, celte première rernndicalion habou,·iste serait satisfaite si, sous une forme quelconque, un capital 11d,d11111111 (capital roncier ou capital mobilier) était assuré à tout citoyen. Ai11•ita loi a,qrairr, ,i elle 11es'élargit pas en communbme, si elle ne clonnc pa, un caract~re collectif et social à ta production comme à la propriété, n'apparnll guère que comme une forme de l'assurance sociale. Mais en faisant de tnut le sol, inaliénable quoique divisible, te gage social de celle assurance, Dabeuf annonce déjà te communisme. Ce qu'il est ir:léressant de noter, c·e,t celle souplesse, cette ingénio,ité d'un esprit toujours en travail, qui ne s'immobilise pas dans des formules, et gui cherche .sars ces:;e la meilleure adaptation rossible de son idéal égalitaire aux conditions poliliques et rnciales toujours changeantes où il se meut. li n'y a ni t•mpirbme dans cet esprit hanté de l'absolu, ni doclrinarismc dans cet esprit oul'erl à la vie. El il marque en trait, admirables comment c'est de l'él'Olution même de la démocratie pous,ée à ses conséquences logiques, que l'égalité sociale résullera. C'est par cette fusion avec la démocratie nai$Sante que le communisme sort des régions abstraites el utopiques el entre dans te mouvement de la \ie. Selon lui, la démocratie polilique est un socialisme qui s'ignore et qui peu à peu prend conscience de lui-même. Il y a dans la méthode d'interprétation de Ilabeuf quelque chose de l'ironie socratique. li va se faire I' •accoucheur• de l'esprit rérnlnLioonairc cl amener la Révolnlion, sans qu'elle s'en doute, à produire tout ce que contient son idée. • Je 1:ais vous prouver à t·ous-même, cher frère, et en même temps à moi, que 1:ousparte; pour l',t •semblü légi,latii:e arec les disposiJions de fairtt con,acrer tout cela comme articles de loi co11stilutiom1elte. Je vous ai dit, dans ma I récédente, que mes vœux seraient : 1• que les législateurs de outes les légi:;lalures reconnu,sent pour le peuple qu' Assemblée co11s1i111anle e,l une absurdité; que les députés commis par le peuple sont chargés dans tous les temps de faire ce qu'ils reconnaitront utile au bonheur du peuple ... De là obligation el nécessité de donner ta subsistance à celte immense majorité du peuple qui, avec tonte sa bonne volonté de travailler, n'en a plus. Loi agraire, égaliti 1-ülle. • • A.csemblét: comliluanle esl une absurdiJé • : c'est une parole vraiment révolutionnaire cl géniale. Pourquoi établir des différences de pro·ondeur entre le mandat reçu par une assembl6e el le mandat reçu par l'assemblée suirnnte? C'est toujours la même volonté du peuple, la même force du peuple qui s'exprime. Pourquoi dès lors reconnatlre un caractère fondamental à certaines lois, à certaines institutions qui ne sont sans doute que l'e1pression passagère d'un mouvement social qui continue à aller bien au delà? Prétendre constituer une société, c'est prélendre l'arrêter au premier degré d'organisation qae la paresse de l'esprit ou la pesanteur desch0&es n'a pu

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