1404 JIISTOl!lE SOCIALISTE mec justice, et son mépris et sa désapprobation ... Le plan de Constitution, présenté à la Convention nationale, les 15 et 16 février derniers, a-t-il atteiul cc ùut ·> En ghiùal, je croix que dans ce plan on s'est plus occupi drs (urmes '}Uedu fond ou de.;principes de l'ordre social. • ... Je vais dire au~si succinctement que je le pourrai, quelle doit être, selon moi, la base ùe tout gouvernement pour le rendre dural!le et pour écarter, autant que la prudence bumaine peul le faire, les éruptions morales toujour, funestes aux générations. ,\Ion opinion me fera l!ien des ennemis, j"aurai ùien des contradicteurs, mais j"aurai satbfai t à ma conscience et à la mission que j"ai reçue clu peuple; et il est temps de dire la vérité. « Les hommes qui voudront 6lre vrais avoueront avec moi qu'après at'Oir &btrm, lëgalité politique de droit, le désir le plus naturel et le plus actif, c'est celui de l'l-galiti de (ait. Je dis plus. je dis qur, sans le désir ott l'espoir de cette égalité de (ait, l'égalité de droit ne serait qu'une illusio11cruel'ie, qui, au liru des jouissances qu'elle a promises, nr ferait épruttver que le supplice de Tantale à la purtio,1 la ]Jlus nombreuse et la plus utile des citoyens. J"ajouterai que les primilivesinstilutionssociales ne peuvent même avoir eu ct·autre objet que d"établir !"égalité de fait enlre les hommes; el je dirai encore qu'il ne peul pas exister, en morale, une contradiction pins absurde el plus dangereuse que l'égalité de droit sans !"égalité de fait; car, si j'ai le droit, la privation du fait est une injustice. » Ilarmand va-t-il donc proposer une révolution économique totale, ayant pour ol!jct de réaliser l'égalité de fait, c'est-à-dire, si je le comprends bien, l'égalité tle puissance, de propriété et de jouissance? « Je dois ici faire une déclaration importante : je déclare que, quelle que soit la i·iguew· de mPs principes sur l'égaliti, je ne prétends pas att renouvellement de l"ord,·e social ni au niveltement conrnlsi( des propriétés; un lei projet ou une telle entreprise ne peuvent être conquis sans frémir sur les ravàgcs el les catastrophes qui en seraient la suite, el la pensée ne peut pas s·y reposer; mais je désire que des lois sages établies sur cesprincipes, soient les tutrices bienfaisantes de l'enfance de l'égalité; je désire que par des institutions salutaires et progressives ces deux divinités de la terre soient élevées insensiblement à la hauteur qu"elles doivent atteindre. Une agitation plus violente ou plus longue ne pour:•ait que leur être funeste; je sais qu'il n'en esl pas d'un peuple vieilli dans les habitudes et dégradé par l'égoîsme et les préjugés, comme d·un peuple vierge: pour former un peuple vierge il n'y a rien à détruire, mais pour ramener un peuple corrompu à sa véritable institution tout est ruines, et il fant employer les plus sages précautions ponr ne pas l'entrainer sous ces mêmes ruines. « Les droits de l'homme, relrou,és par le citoyen Siéyès, lui ont mérité l'immortalité; mais l'Assemblée constitnanle, en bornant ces droits à une égalité poli tique de droit, sans rien faire, ou pour ainsi dire rien, pour pré-
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