Jean Jaurès - La Convention

1480 lllSTOln~; SOC:IALISTE dcrnin sacrifier .<ervira,maigri! lui pr11t-hrr, le triste chdtelain, acturllrment op11rr,,édr sa colossale demrure, dr;mis (Jtte l'a/francliissement drs cnmpn911r,a tari la sourcr de son opulence. " 1:é1l11calioncommune donnée aux enfants sera surlout une é<luc·ll "n de travdl m nue! destinée à les assouplir en vue de loules les 1u les ..nctions ,te la vie sociale; ce sera aussi une éduralion de discip'ine. Q -·lie sera la part de la religion dans celle première éducation, dans celtr édwalion commune? Dans les vues de Lepelleti er, ~aur quelques conces-ion- pro,·isoires aut préju;és dominants, cette part doit être nulle. Non ,eulemenl aucune religion ne doit êlre imposée el enseignée à l'enfant par la nalion, mais la nation ne doil même pas permellre, tant qu'elle a la charge de l'enfant, que celui-ci puisse Mre elfleuré par des systèmes entre lesquels sa raison ne peut encore choisir. • Je désirerai~ que pendant le cours enlier de l'instilulion publique, l'enfant ne reçOt que les inslruclions de la morale universelle, el non les enseignements d'aucune croyance particulière. « Je désirerais que ce ne fOl qu'à douze ans, lorsqu'il sera renlré dans la société, qu'il adoplàl un culte avec réflexion. li me semble qu'il ne ,levr,lil choisir que lorsqu'il pourrait juger. • Cependant, d'après la disposition acluelle ùes e~prits, surtout dan, les campagnes, peut-êlre pourriez-vous craindre de porter le méconlenlemenl el le scandale môme au milieu des familles ~impies et i nnocenles, si les parents voyaient leurs enfants séparés jusqu'à douze ans des pratiques extérieures de toul culte religieux. Je soumets celle difficulté de circonstance à lu sages-e de vos rôOexions; mais j'insiste, dans lous les cas, pour que celle partie d'en~eigncment n'entre point dans le cours de l'éducation nationale, ne soit point confiée au, instituteurs nationaux, et qu'il soit s ulement permis (si vous jugez celte condescendance nécessaire) de conduire à cerlain, jours el à certaines heures les enfants au temple le J>lus voisin, pour y apprenllre el y pratiquer la religion à laquelle ils auront élé voués par leurs fümi11t-s.,. Mais celle éducation commune n'aura pas seulement pour efîet de former des générations fortes, aclives, unies par une même habitude première de la vie et par l'iùenlité des principes ens cignés. Elle sen ira encore, par le Jargr prélèvement annuel sur la for lune destiné à alimenter les grands iulernats gratuit-, à allénuer les inégalilès, à rapprocher le, conditions. • Jusqu'ici je n'ai consicléré le sujet que je traite que sous le rapport de l'éilucation; maintenant je vais vous le préôenter sous un autre aspect très impor1ant, celui de l'é ·onomie politique. • Diminuer les w'crssités de l'indigence, diminuer le superflu de la ridtes,e, c'est un but auquel doivent tendre toutes nos institulù>ns; mais il faut q11e la jmtice comme la prudence règle notre marche. On ne pe111 s'avancer q11epas à pa$; tout moym cont•ulsif est inadmis1i6le, la propriéti

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