1432 IIISTOII\E SOCIALIS'l'I•: « fédéralistes! El pourquoi? ... » Ah! certes, la preuve est rnrabondanle; tous les propos de Buzot proscrit r~halenl la violence douloureuse des haines; ils n'expriment pas un système. El ce n'est pas un plan préconçu de fédéralisme, c'est la logique folle de la lulle contre la cité centrale, dont ils n'étaient plus les maitres, qui a tourné l'esprit des Girondins vers la grande vie dispersée el morcelée des départements. Peul-être n'a-t-on pa, assez remarqu6 (si même on y a pris garde) que Marat absout le, Girondins du reproche de fédéralisme; il est vrai que c'est pour les accuser d'ayoir voulu mettre une action cc nlralisée cl uuilaire au service de la contre-révolution el de la royauté. Buzot pose le dilemme: ou nous sommes fédéralistes, el alors nous sommes républicains; ou nous sommes royalistes, et alors nous ne sommes pas fédéralistes. El Marat dit:« Non, les Girondins ne rnnl pas fédéralistes, car, au fond, ils .sont royalistes, " Je lis dans le « Publiciste de la République française, par Marat, l'Ami clu peuple » (numéro du 2-i mai 1703) : « Tant que le tyran avait la tète sur les épaules, la faction des hommes d'Etat a tout fait pour l'arracher au supplice el conserver la royauté dans sa personne, quoique la République ait été proclamée d'après le vote formel de tous les bons Français. On a longtemps accusé de fédéralisme les meneurs de cette infernale faction; j'ai·ouc que je n'ai jmnais partagé ce sentime111. quoiqu'il me soit arrivé quelquefois de ,·epl'oduire cette inculpation. Jp me fonde parlicu/ièrement sllr ce que les meneurs sont trop instruits pour imaginer qu·une Républiq11efédérative che;:;les Français pût produire un ordre durable; cm· a11milieu d'une nation vaine, frivole, frré(léchie, possédée de l'amo11rde la domination, et toujours p1·ête à devenil' la dupe du p1·emier fripon as.s,; ad,·oit pour capter sa confiance, le fédéralisnw aurait bientdt allumé des dissensions intestines dans tous les dtlpartements, ,·enouvelé le, guerres désastreuses des barons et ,·amené le gouvemement féodal. « Quoi qu'il en soit, les intelligences des principaux meneurs avec la cour avant le 10 août, les relations inlesliues de leurs acolytes avec Dumouriez pour rétablir la Constitution de 1789, el la déclaration de cc générill conspirateur depuis son expédition de la Hollande, ne laissent aucun doulc sur leur; véritables projets. « Ces pro;ets criminels n'ont point changé depuis la chute du généralissime, c·esl en relevant les suppôts de l'ancien régime, el en faisant lriompher les ennemis de la Révolution qu'ils travaillent à rétablir la royauté. lis ont trop bien senti qu'avant tout ils doivent se rendre maitres ab,olus flans la Convention, pour pouvoir faire ensuite impunément les arr~tés les plus liberticides, cl décréter la contre-révolution. Mais comment y parvenir sous l,·s ycu, d'un public éclairé el au milieu d'une ville immense telle que Paris·/ L'entreprise leur paraisrnil aussi vaine que dangereuse, ils se sont enrermés
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