JIISTOinE SOCIALISTE corps constitué qui pût sauver la patrie. ~ul ne demandait la parole; aucune délihérati,H1 ne s'engageait. .. Hors cinq ou ,i, hommes d'action, parmi lesquels ne ,c trouvait aucun ami de Danton, la ~lonlagne partageait la conster• nation du côté droit. Le pré,ident ~!allarmé avait quitté le fauteuil de la,,iludc et Hérault de Séchelles présidait silencieusement sur une assemblée muetle. • Cependant Danton, préoccupé c1·cviter loul excès de la force populaire rt de ,auvegarder, jusque dans l'acte d'amputation nécessaire, la dignité de la Convention. demande que le Comité de salut public recherche par quel ordre des soldats barrent les portes de la salle. • Yous pouvez compter, dil-il, sur le zèle du Comité de salut public pour venger vigoureusement la majesté nationale outragée en cc moment. • L'officier Lr,ain, capitaine de la force armée de la section du Bon-Conseil, qui a"ail donné la consigne, est mandé à la barre, el soudain Barère conseille à la Co11venlion de sortir ne la ,alle. et d'aller délibérer au milieu de la force armée, comme pour prendre conscience de $a propre liberté et pour rat te,ter au monde. C'était, avec de granrls airs de fierté, la démarche la plus fri"ole el la plu~ vaine. La force révolutionnaire armée qui emcloppail la Convention ioulait que les Girondins fùs,enl frappés. Pour prouver qu·elle était libre au miliru des baïonnette,, la Convention aurait dù couvrir la Gironde; ou ce que proposait Barère n~lail qu·nnc pararle, ou c'était le conflit violrnt, direct de la Convention avec les sections révolutionnaires armées. Quelle re,•anchc pour Vergniaud qui a,ait tenté vainement, Je ~1 mai, ,ror.,;aniser celle rnrlie en masse de la Convention! li est malaisé de démtiler, clans les Mémoires mAmes de Barère, le plan c,act qu'il avait formé, ni même s'il avait un dessein très précis. « Je monte à la Lribune, bien résolu à périr ou à fai:e punir le commun• danl Henriot, qui appuyait de la force armée une telle violation de la représentation. Je m'élèl'e contre celte violence publique, j'engage l'as,emblée il sorti,· cl à aller se placer au-devant de celle artillerie sacrilège conduite par des scélérats. L'Assemblée s'émeut, s'indigne, elle est au moment de sorli1·. Alor, Robespierre monte à la tribune el me dil à voix basse: • - Que laites- " vous là? \'011s fuite, un beau aâr/ti.1. » Celle expression me dévoile la part que cet hypocrite prenait il tout cela, sans oser se montrer. « - Eh bien! lui « dis-je loul haut, le gâchis n'est point à la lrilrnne, il est au Carrousel, il est « là. » J'indiquai la place où étaient 110sassassins; et reprenant la parole, je lâchai d'exciter de nouveau la Convention à aller, par sa courageuse présence, neutraliser elle-même les efforts ,les factieux et les accuser en face. C'est alors que je lins le propos qui me fut si souvent reproché: « Je demande la puni• • lion exemplaire cl instantanée de ce soldat insolent qui ose outrager el vio- « Ier la rcprésenlalion nationale. »
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