Jean Jaurès - La Convention

1440 IIISTOJfiE SùCIALISTE LoU1el insista avec force pour que tous quiltassent Paris; mais il ne pul entrainer toute la Gil'Onde. « Désormais. disait-il, nous ne ferions plus rien à la Convention, où la ~lontagne el les tribunes ne nous permellraienl plus de dire un mot. rien qu'animer les espérances de~ conjurés. charmés d'y pouvoir saisir d'un seul coup Loule leur proie. Il n'y aurait non plus rien il faire à Paris, dominé par la !erreur qu'inspiraient les conjurés, maitres de la force armée et des aulorilés constituées; ce n'étail plus que l'insurrection départementale qui poumit sauver la Fl'ance. Xous devions chercher quelque asile sùr pour celle ~oirée, et demain el les jours suivants parlir les uns après les autres, usanl de nos difîérenls moyens, et nous réunir mil à Bordeaux, soit dans le Calvados, si les insurgés, qui déjà s'y mon\raienl, prenaient une attitude imposante. Sul'lout il fallait éviter de demeul'er en /)Lage entre les mains de la Jlontagne, il fallait ne 7)asretourne,. à l'Assemblée. « Que ne m'avez-vous cru, Brissot, Vergniaud, Gensonné, Mainvielle, Yalazé, Ducos, Duprat, Fonfrède, vous Lo us, honorables victimes que la postérité vengera! Peul-élre tous ensemble n'aurions-no us pas réussi davantage à réveiller dans les cœurs l'ardent amour de la patrie, la haine vigoureuse dne à l'oppression, m·iis du moins je n'aurais point à gémir aujourd'hui sur votre chute prématurée.• Pendant que les Girondins se perdaient ainsi dans l'incerlilude de leurs pensée;, l'adversaire frappait le; coups décisifs. Précisément Paris venait d'apprendre qu'à Lyon, dan, I;. journée du 2û mai, le5 sections modérées et bourgeoises avaient livré balaille à la municipalité jacobine, el celle-ci élail vaincue. Chalier ét\il dans un cachot. O,· quelques-uns de ceux qui transmettaient ces redoutables nouvelles avaient beau en allénuer lP,caractère, ils avaient beau dire que les sections s'étaient levées au cri de: lïve la République! Même l'ambiguilé des corre;pondances de Gauthier el de :-iiochc, qui n'osaient pas approfondir tout le danger, ne parvenait pas à donner le change aux révolutionnaires de la Commune Pl de !'Évêché. Ils comprenaient L1·èsbien qu'à Lyon la conlre-révo!ulion élail victorieuse, et qu'eux-mômes allaient èlre enveloppés dans la contagion de ce motnemenl, s'ils ne frappaient pas ce jour même le coup suprème sur l'ennemi. Jean-Bon Sainl-.\.ndré signala le péril à la Convention en quelques paroles décisives que :.Iaral a notées. « \"ous venez d'apprendre des nouvelles fàchemes du département de la Lozère. L'aristocratie, dans celle contrée, ose lever un front menaçant; des mouvements contre-révolutionnaires se manifestent dans plusieurs parties des départements mériùiona u,. A Lyon, les contre-révolutionnaires triom71/tent, les patriotes onl été massacrés. Les troubles de la Lozère doivent d'autant plus fixer volre sollicitude que par le département du Cantal, les re-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==