!438 HISTOIRE SOCIALISTE -- -- -------- Chambon, Iliroteau, Rabaul, Gorsas, l'onfrède, L1nthcnas, Gran!!;enruve, Lehardi, Lesage. contre vingt-sept députés. » L1 Convenlicm décréta que le Comité de salut public ferail un rapport sous lroisjour, sur l'adresse <lespélilionnaircs. Trois jours, c'était bien long . .\lais le dél..ii pouvait être ahréµ-~, el c'était déji, une victoire d'avoir amené la Convention à délibérer en e!Iel sut rarreslalion des Girondin,. Marat s'étonna que le vie,n Dussaull fùl sur la liste. Celte imparlialil<' mt,me élail pour les autres un sinistre averli5semenl. Elle signifiait que celle fois la motion était ~rm·e, puisque ~Iarat se préoccupait d'en exempter un homme q11ïl ju<renit innocent. Au fond, c·esl le lendemain que la question devait êlre ré• glée : comment Paris aurait-il pu supporter longtemps encore cette tension de, nerfs. crl appel des cloches, ce frisson terrible et vain• La Commune avait bfüu d<'cider, vers une heure du malin, pour ne pas trop fati;::uer la force armée, qu'elle serait rappelée. La Révolution, celle fois, ne voulait pas se coucher. Le lendemain devait être un dimanche, Je peuple savait quïl ne serait point rris par l'atelier, et déjà on se demandait de quels grands évén,· ments ~rrait comblé le \'ide de celle longue journée. Le comité révolutionnaire, lui, considérait si bien le prolongement de l'insurrerlion comme une chose néces.;aire et normale qu'il demandait que la liste des omTier, sans-culolles ,oil dressée dans chaque section et que chacun d'e1:\ reçoil'e 6 lirres ... Six livres, à quarante sous par j,rnr, c'était k -alaire dP trois jours. Or, le 3l mai, le 1" juin, cela faisait deux. Le troi- ~ième dcYait être le jour d•·cisif, et il s'agisrnit de le payer d'avance. Chaumelle, un (l"u ahuri, demande où sont les fonrls. ~lais telle était alor, la confusion paradoxale de l'in,urrerlion morale et de la légalité que le rapporteur du comité répond• qu'on le:; dem(lndera à la Conveution » .. c·est la Convention qui devait fournir les subsides à la force armée chargée de pe,Pr sur elle! On n'eul pas besoin de recourir à elle, el le lendemain, 2 juin, le comité rén,lutionnaire annonça qu'il avait les sommes nécessaires. Comment ne les eùl-il pas eues, puisque depuis <le, semaines, il avait, par les comités révolu lion nuire, des sections qu'il central i•ail, le droit de réquisi lion chez les riche,? Donc, dans la complabilil6 de l'insurrection, elle devait êlre terminée en un jour, au soir du 2juin, en comptant ce dimanche 2 juin comme jour ouvrable. C'était bien, en e!Iet, l'agonie de la Gironde qui commençait, elle n'avait plus à vivre (politiquement) que quelques heures de détresse et d'angoisse. Les journalistes du Patriote français rédi~eairnl en h:.\le le numéro qui allait I araîlre le 2 juin el qui de,ait être le dernier. lis y calomniaient encore la Commune en paroles sarnmment empoisonnées. Elle voulait emprunter iles millions pour P.iris, mais ces millions, qu'en ferait-elle? Elle les volerait, « Clle les pacherait, elle les cl,aumettisemit, el chacun de la bande en aurait sa part; le surplus serait employé à soudoyer des brigands pour op- •
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