Jean Jaurès - La Convention

IIIS'fOlllE SOCIALISTE !liais quand le Comité de salut public chargeait 11aral ùe mai11Lcnirla tranquillité publique, il s'engageait par là même à y mellrc le prix marqué par Marat, c'est-à-dire à e1: finir avec la Giro'.lde. • Le maire annonce l'objet de ma mission; je prends la parole en ces mots (je rap1iorte fir!Nernent mon discours, parce que la plupart des journalistes sou ioyés l'ont malignement tronqué el défiguré) : « Citoyens, le Comité de « salut public ~sl occupé de granrles mesures pour punir el ré11rimer lrs • trailres, restez levés, déployez vos forces, el ne posez les armes qu'après • avoir obtenu une justice éclatante, après avoir pourvu à votre sîtrclé. • • Le président, que je sais modéré (c'est Deslournelles), voulant m'engager à sanclionner srs conseils, me demande s'il est vrai qu'un peuple lrah i el soulevé contre les lrallres doit s·en rapportrr uni 1ucmrnt à ses magistra• s el n'employer que le; moyens prescrits par la loi pour se rendre justice. Je sentis le piègr, et je repondis à son apostrophe en ces termes: « Lor,qu'un " peuple libre a confié l'exercice de son pournir, le maintien de ses droits cl • de ses intérêts à rles mandat drc; choisis par lui, tandis qu'ils sont f!Jèlcs ,, i\ leu•·s devoirs, il doit, sans contredit, s'en rapporter à eux, respecter leurs • décrets, el les maintenir dans le paisible e,ercice de leurs fonctions. ~l'lis " lorsque ces manrlalaires abuse~t conlinuellemenl de sa confiance, lor,quïls " trafiquent de ses droits, lr.lhissent ses inlérêt;, qu'ils le dépouillent, le « rnincnt, l'oppriment, el qu'ils macbincnl sa perle, alors le peuple doit leur • retirer ses pouvoirs, rléployer sa force pour les faire r~nlrer dam le devoir, • punir les tratlres et se sauver lui-même. Citoyens, vous n'avez plus de rrs- « source que dans votre énergie, pré,enlez i\ la Conrenlion une adres~e pour • demander la punition des députés infl !Ille, de la nation; restez levés, et « ne posez les armes qu·aprè, l'avoir obtenu'. " « Plusieur, me:nbres de la Comm 111c mïnvitèrerll à passer au comil6 revolulionnaire; je leur représentai que mon poste était à la Convention, et j'"llai au Comité de salut public rcn Ire compte de ma mis,ion. "11 s'agissait de convoquer l'Assemblée, el il était impossible d'en cbarge,r le président; la plupart des memùres étaient dispersés, et on ne savait où les lro,1ver. Yais on lJatlait la générale dans diif~renls quartiers; le tocsin sonn1il et le canon d'alarme allait tirer. li élail ùon~ tout simple d'allendre que les députés se rendissont à leur poste. » lleme étrange, où c'était en somme le tocsin et le canon d'alarme qui liaient chargés de convoquer la Convention pour qu'elle reçlll l'adresse ùes sections. Le tocsin disait aux députés: Yenez: et le canon d'alarme disait aux délégués révolutionnaires : Vous avez la parole. Mural avait un momeut secoué el enMvré la Corn uuno. Lui parti, elle retombe à son indécision, el Je procureur s·oppose à ce que l'on fasse tirer le canon el sonner le toc~in • pour ne pas fatiguer les citoyens •· Mais ni les cloches ni le canon n'alleu-

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