Jean Jaurès - La Convention

lllS'rOIRE SOClALlST(;; l'assemblée, en rendant justice aux motifs palrioliques qui ont diclé celle rn~sure au Comilé de salul public, je dois la combattre. En efîel, qu'est-ce que la force armée qu'on \eul mellre à la dispo,ilion de la Convention? Ce ,onl des citoyens armés pour défendre leur liherl(• ronlre les scéléMts qui les trahisscnl, et il y en a dans l'assemblée. De quoi .,r romposent lPs déliblralions de la Convnllion? n'est-ce pas des indil'idu.<dénonrl, par Pari.,? Pl nous at·ons trop d'exemples q11enos délibératiùns ont ét,: dirirJéespar ers mhnrs hommes, mais n'ai-je pas a11jourd'hui mêmP entendu faire la proposition <fr po11rsuivre les mene11rs de l'inrnrl'ection qui vient d'éclater? Il e.,t donc ici des hommes qui voudraient p11nir cette in.surrection? Ce serait donc 1mP ab,urdilé de remellre ent,·e leurs mains la force annfr. )lais l••s mesures propo,ées par le Comité sont-elles les seules que mus devez ado1iler? Les pélilionnaires ne vous en onl-ils pas proposé de capables de sauver la chose publique? Les proposilions que j'ai combattues peuver1l- elles empêcher l'armée d'être trahie 1 Non, il faul purger l'armée; il faut. .. « - Concluez ,!one », crie Vergnhurl énervé, impatient ,ans doute de remonter à la tribune et de chercher, dans l'éclat possible d'un lriomphe ora- 'oire, la revanche du mortifhnl échec sous lequel il étail accablé. « Oui, je vais conclure, el contl'e vous; conlre I ous qni, après la révolulion du 10 auùl, avez voulu conduire à l'échafaud celn qui l'onl faite; conlre vous qui n'ave1. ce.sé de provoquer la destruction de Paris; contre vous qui a,ez rnulu .au ver le tyran; conlre vous qui avez conspiré aYec Dumouriez; contre vous qui avez poursuivi a\ec acharnemenl les mémes palrioles donl Dum0uricz demandait la tête; conlre vous dont les \engeances criminelles ont provoqué ces mômes cris dïndignalion dont vous \'Oulcz !aire un crime à ceux qui sont ,·os victimes. lié! bien! ma conclusion c'esl le décrel d'accusation contre Lous les complices de Dumouriez el contre ceux qui ont été désigné. par les pélilionnaires. » Yergniauù qui, dès les premiers mots de Robespierre, avail demandé la parole. ne ré~ondil pas. Encore humilié de sa faus.e tentative, fut-il abandonné de celle inspiration qui suppooe la confiance en soi? Désespéra-l-il d'égaler en vigueur les dernières paroles de Robespierre, aiguisées soudain el coupantes? Elail-ce lassitude en celle fin de journée émouvanle et épuisanle? P,;ul-être aussi la réserve gardée par la Convention à l'égard des dernières proposilions claires et brutales de Robespierre, averlil Vergniaud qu'il vata·t mieux ne pas engager le combat à fond. Visiblement, la Con1enlion ne voulait ni couvrir la Gironde ni la livrer, et la motion transaclionnelle du Comité d,; salut public ralliait les esprits. Le décret proposé par Barère ful adopté à une très grande majorité, el il fut décidé qu'il serait publié immédiatement ,'anti Paris. Sur la motion de Lacroix, la Convenlion approuve l'arrêté qui donnail quarante sous par jour aux ouvriers qui resleronl sous les armes jusqu'au rétablissement de la tranquillité publique. Elle décide aussi que les tribunes

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