Jean Jaurès - La Convention

1300 HISTOIRE SOCIAl,IS'l'E fonctions qni leur sonl confiérs el de communiquer avec le Comllé révolutionnaire des ~e11f,séanl à l'Ev~ché. « \"rnu:T, pré,idenl provisoire; Fournerot, secrétaire. » c·,•sl en l'ab,ence dr Dobsent, relenn à la Commune, que Varlet présirlail le comité c,éculif de !'Evêché, el cela seul surtll à marquer l"importance des Enragrs dans l'assemblée révolutionnaire des sections. Au reste, pour le déparlemenl comme ponr la Commune, la réintégration n·esl que pro\'isoire. \"artel, qui avail la frénésir rlu changement cl qui aurait voulu exrrcrr une influence exclusive sur la Révolution, tenclait', sans doute. au renonvellrmenl intégral des pouvoirs. Il était certainement hostile à celle investiture nouvelle. ~lais il dul suhir la discipline de l'espèce de contrat int•rvP.nn entre l'tvôché el Robespierre et Danton. Ainsi toutes les autorités constitnées de la Commune et du département fnrent non pas éliminées, mais tran,formées. C"était vraiment une combinaison géniale, et qui eut les conséquenres les plus heureusrs. Tandis qu'a\! Dix-AoOL la Commune révolutionnaire s'était snbslilnée à la Commune ne Pélion, faisant surgir ain,i un pouvoir nonveau qui excita bien des rivalités el bien <lesombrages. les délégués des sections, au 3i mai, se bornent à envelopper et à pénétrer de leur influence les pouvoirs déjà conslilués. Dès lors, jusque dans la RéYoluli,.n, il n·y a pas rupture de continuité. La Commune allait prendre une allure nouvelle, plus vigoureuse et plus nette; mais c~ ri'était pas la , ictoire d'une secte. Si !'Evêché avait lrinmphé seul, s'il a,ait. balayé les autorités constituées, il aurait hientôl prétendu, comme lit un moment la Commune <lu Dix-Aoùt, à u11e sorte de dictature. Entre cette rlictalurc ~ectairc el la Comention, même épurée, il y aurait. eu méfiance et bientôt choc. Au contraire, la force de révolution créée par l'union de !'Évêché. du département el de la Commune était vaste: elle n'ohéissait. pas aux mouvP,- meuts excités de quelques patrioleô fiévreux: elle pouvait évoluer larg ·ment, en a,socianl à son rythme toute~ les énergies et toutes les popularités. Le service décisif rendu alor" par le maire Pache à la France révolutionnaire tut précisément d'accepter, sans vain amour-propre, cet arrangement; S'il al'ait eu la va~ité ombrageuse de Pétion, qui ne pardonna jamais à la Commune du Oix-Août le rôle secondaire où un moment elle l'avait ré•luit, il se serait offensé 1le celle cétémonie de l'annulation et de la réinvPstil11re qui parais;ail faire de lui la créature el Je délégué de J'Evêché. SilencieusPmPnl, el avec dignité, il accPpla ce rôle, il maintint ainsi une large base à l'action révolutionnaire. El grâce à lui, la Révolution put éliminer la funeste Gironrle sans se réduire elle-même à l'étroitesse d'une secte. Par lui, 1'€vêché s'incorpora à la Révolution, au lieu de se superposer ou même de se substituer à Pile.

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