Jean Jaurès - La Convention

.. 13i8 IIISTOIRg SOCIALIS'l'R étai/ dam le secret. Le Comité de salut public seul ne savait où l'on voulait nous condufre. • Le rôle précis as,igné par Barère à Danton esl-il exact? Danto11a-t-il de sa main rérligé, sur la table du Comité de salut public, la pétition que le lendemain devait lire la Commune? S'il l'a lait, c'est ~ans doute pour que cette pétition ne Mpa,sàl pas la mesure convenue entre la Commune et lui. ~lai,; comment être assuré même de ce détail sur le seul 16moignage de Barère qui embrouille étrangement dans celle partie de ses .llhnoirrs le 31 mai et le :2 juin? Ce qui est certain, c'est que Danton était info,:mé du mouvement qui ,e préparait, et qu'il manœuvra pour que ni la Convention ni le Comité de salut public ne prolongeassent leur séance dans la nuit du 30 au 31 mai. li roulait lais•er l'espace de cette nuil aux préparatifs 'ctïnsurrection. Le récit de Garat ne laisse pas de doute à cet é;ard : « Le jeudi 30 mai, un citoyen nl°écrit qu'il a été dit à la tribune de sa sec lion qu·on venait ll'arri\let· cléfiniti ,·ement à l'assemblée de !'Evêché que celle nuit même on fermerait les barrières, on sonnerait le tocsin, on tirerait le canon d'alarme. A peine feu, lu le billet, je vais le lire au Comilé de salut public, et j'annonce que je vais en faire lecture à la Convention nationale, qui était as,embléc. Lacroix del' Eure, qui dan, cette soirée ne quit/a pas 1m insta11t le Comité de salut public, où d'ordinaire il n'était pas si assidu, prend la parole; il 1·eprès~11teque sur un billrt qui rappoi·le ce qu'on a débité à la 11·ibuned'une section, il ne faut pas aller jeter l'alarme au milieu de la Convention nationale; qu'il fout avant tout se bien assurer des faits, cl appeler au Comité de salut public les autorités constiluoes responsables de la sûreté pul.Jlique, le département et le maire. Le Comité se range à cel a,is. (Barère sc garde bien, clans ses llfémoil'es, de ra1>peler celle communication <le Garat; il se garde bien de dire qu·iJ n'insi,la pas au Comité de salut public pour que h Convention fût immé1liatement avertie el qu'elle pût rtimi se déclarer en permanence); lui-mème mande par un billet le procureur général syndic, et je vais cherche,· le maire à la Commune. « JI y arrivait en ce moment; il montait le grand escalier suivi de dix ou douze hommes, dont les gilets montraient autant de pistolets qu'ils avaient de poches. «Lemaire se penche vers mon oreille, et me dit à voi, basse ces paroles, qu'on ne sera pas étonné que j'aie retenues: « J'ai eu brau m'y opposer,je • n'ai pas pu les empêcher; ils viennent de déclarer, par un arrhé, que la • Commune de l'aris el le dépa,·tement qu'ils re1Jrhn1te11t,sont en état dï11- «mrreclion. » Je lui répondis:« Le Comité de salut public vous mand1, dans «so11sei11,et je vollS attends.»ll entre au Conseil général. Là il publie ce quïl venait cle m'apprendre, et il y déclare plus formellement encore que l'insurrection n'a,•ail été déclarée que contre son avis et malgré tout ec qu'il anlt

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==