Jean Jaurès - La Convention

11ISTOI 11.E SOCIALISTE sanµ-. el !'u1d1·e se rélahlirait peu il peu, car la i\Jonlagnc ne menaçait ni les cxis1i~ncrs ni les propriétés. Qui ,ait cc qui serait advenu si Garat, ministre de l'Intérieur, avail eu assez de clairvoyance et a,sez clc fermeté pour tenir ce langage honnête cl clair'! Mais il lergher,a, il manœuvra, el il acheva de dissoudre ce qui restait de force de ré,istance il la Gironde sans la dérider toutefois il un grancJ acle politique d'abdication. li essaie dans ses Mémoire~ d'excuser l'incertitude de son langage. Il dit : "Ce n'élailpasàun minislreà dire, sans aucun ,oile, qu'il fallait réformer l'organisation de la Commune; on eût cru qu'il allentail aux droits du peuple et de l'homme, et pour parallre un agent de la tyrannie il n'aurait pas mûmc eu be,oin du nom de ministre. « Cc n'était pas à un ministre de dire sans aucun ménagement à la Convention : Ce sont t•osprop1·esdécrets qui ont élevé auprès de vous ce colosse qui vous menace. • On n'avoue pas plus naïvement la peur des responsabilités. C'était au contraire à un ministre il tenir un langage net, dans un sens ou dans l'autre; à cette heure tragique el trouble où l'air de la cité était, en quelque sorte, dans l'attente du tocsin, il tallait parler haut el clair. Ou contre la Commuue et à fond. Ou pour la Commune et à fond. Toul valait mieux que Je fatal équilibre de deux parlis qui ne parvenaient ni à s'unir ni il se vaincre. Or, pour décider le, e,prils à un choix déchl', il une ré,olution vigoureuse, il l'allail les metlro en l'ace du danger. Il rassure au contraire les partis par de trompenses douceurs, par des interprétations atlénuées. « J'ai instruit le Comité de salut public el la Commission extraordinaire de ce qui est parvenu à ma connaissance. Aujourd'hui, il six heures, on est venu m'avertir qu'il y avait un grand rassemblement autour de la Convention, j'ai voulu voir les r.hoses de mes propres yeux. La force armée élail plus comi<lérable que l'attroupement. Je n'ai pas pu, il est vrai, entrer à l'Assemblée par la porte à laquelle je me suis d'abord p1·ésenlé, et la force armée a été impuissante à m'ouvrir un passage. Jllais dans tout cela il n'y a i-icn de g,·ave; la Convention n'a i·ien à craindre. • Les tribunes qui comprennent avec un merveilleux instinr,l révolutionnaire combien l'optimisme du ministre désagrège la Gironde et sert le mouvement, applaudissent Garat. Il prend acte de ces applaudissements avec une sorte de candeur, qui si elle n'est point l'extrême sottise est l'extrême lourberie, à moins qu'elle ne soit un mélange de l'une et de l'autre. « Croyez-vous que ces sans-culottes qui applaudissent aux assurances que je donne de leurs sentiments, y applaudiraient s'ils avaient dans leurs cœurs des intentions criminelles 1• Par toutes ses paroles Garat irrila el blessa le côté droit, el en effet, par le désaveu de l'arrestation d'llébert, par le jugement sévère porté su,· la.

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