HISTOIRE SOCIALISTE dans la première entrevue que j'a1ais eue avec lui, s'élail nommé • le Santerre du 10 aoül », en dé1irimanl tous les généraux, cherchait à avoir du service dans celle armée. Il raisail la C!)Urà tout le monde. Il n'y avail que Carra quïl n"aborùail pas. Ge dernier prétendait qu'il lui avait escroqué 20000 livres. Tuncq pouvait bien être un escroc; je sais qu'il achela de très beaux cheva,n, qu'il n'a Jamais payés, ce qui, clans la langue des pillards, élait prendre les choses att maximum dam la Ve11dée. • Tuncq avait été aide de camp de Voyer d'Argenson; plat valet de ce seigneur, c'est par son aide qu'il avait obtenu la croix de Saint-Louis. Il s'était ensuite jeté dan, les tripots du Palais-Royal, qua li fié de baron de Tunk. li avait aban lonné sa baronnie depuis la -suppres,ion des titres de noblesse, et avoua dans la suite qu'il était fils d'un rauvre tisserand de la basse Bretagne. Il était à la fois, bas, flatteur, iàche et i11soienl. Il aimait extrêmement le vice el les femmes ... • J'étais avec Carra lors~u'li reçut la leltre de Sandoz qui annonçait la bonne nouvelle (de la défaite des brigands à Fontenay, le 10 mni). Il n,'in1ila à souper avec lui, il était 1036 dans une très belle maison près le PontNeuf; il avail deux sentinelles à sa porte. Julien (de Toulouse), Dandenac el Bourbotte, le beau-frère de Carra, le poète Rous,et, étaient de ce souper. Je m'étais aperçu plu, d'une fois, à Paris, à Tours el ailleurs, qu'il régnait une extrême division entre les représentant, du peuple. J'avais élé témoin, deux jours avant, d'une querelle qui s'éleva enlrc Gou;,illeau et Carra nu sujel de la nomination d'un apothicaire de l'armée. Je les avais entendus se traiter mulucliement de roué, d'intrigant; j'avais entendu Goupilieau nommer Carra • vieille machine délra~ulie •. Je savJis que les représenlanls du peuple se qualifiaient les uns et les autre, du litre de • scélérat • el sans beaucoup de foçon5. Je gardai le !oilcncc pendant une grande plrlie du souper. Je le rompis lorsque j'entendis Bourbolle dire qu'il réduirait bien ceux qui conu-ariaient Jeurs opérations à la Convention nationale, el qu'il avail juré la mort de Lousces gens-là. c -11 vaudrait bien mieux, lui dis-je, que la paix régn:\l parmi nos représentants; elle serait le pré:lage du bonheur des Français. • Julien appuya forlement l'opinion de son collègue et renchérit sur ce iiu'il avait dit. Je lui répondis qu'il n'y avait rien de plus respectable qu'une assemblée d'hommes libres, destinés à donner des loi:l à leur patrie. J'ajoutai que des législateurs devaient avoir le cœur brülanl el la tête froide. « - Cela est impossible, répondit Bourbolle, quand on discute d'aussi grands intérêts. • -Et tous les décrets de la Convention nationale n'ont-ils pas pour objet le bonheur du peuple? repril fièrement Julien. L'Assemblée Constituante n'a-telle pas donné l'exemple des débats les plus orageux, des scènes les plus révoilantes t
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