Jean Jaurès - La Convention

1202 HISTOIRE SOCIALIS'rE proclamer à votre barre le plus noir projet qui jamais ail menacé le salut de la République ... « Vous l'avez I u, ciloyens législateurs, vos ennemis el les nôtres ne sont pas intimidés par un décret de censure, leur audace s'ar.croll avec votre longanimité, vous êtes encore sous les poignards d'une faction impl~cable, el les conjurés marquent ici leurs victimes comme si vous aviez légalisé leurs complots. «C'est cependanlsurvousque reposent en ce m6menl les dernières espérances de notre malheureuse patrie; un jour encore, une heure peut-être,et les monstres auront consommé leurallentat ! Quo lardez-vous? n'est-il pas temps de conjurer l'orage et de fdire rentrer dans la poussière les làches complices de Catilina? Le glaive de la loi n'est-il plus dans vos mains? La souveraineté nationale réside-t-elle dans les conventicules de la Commune de Paris, cl ses délirantes sections sont-elles de; puissances dont la ligue ail de quoi vous effrayer? « Ah I s'il le faut, citoyens légishleurs, si celle immense cilé ne renferme plus que des factieux qui vous outragent, ou des citoyens timides incapables de vous défendre; si vous ne pouvez enfin qu'à ce prix nous donner un gouvernement protecteur, sortez arnc nous, sortez de celle enceinte où l'on n'a pas respecté nos représentants; sortez de celle 1ille rebelle où la vertu n'a trouvé que des persécuteurs; abandonnez à son opprobre el à ses remords une municipalité coupable où la licence el l'anarchie semblent avoir établi leur abominable conclave. « El nous aussi, nous sommes armés de l'opinion publique de Lous les départements de l'Empire; el nous aussi 1 nous ferons répéter à la France enllère le cri de notre indignation; el nous aussi, nous indiquerons les nttentats el les noms de leurs coupables au1\Jurs. « Les crimes de ces hommes sont connus, nous en portons, hélas! dans nos biens el dans nos personnes les témoignages irréfragables. Depuis qu'ils onl dilapidé le revenu public, ils n'ont élevé que leurs parents el leurs créa tures à toutes les places lucralives ; depuis que vous leur avez drmandé des comptes, ils n'ont répondu que par des calomnies; depuis que vous avez proclamé la RépubliGue, ils n'ont encensé que des dictateurs; depuis que nous avons un code pénal el des jurés, ils n'ont cessé de provoquer l'assassinat et le pillage. Maral, leur chef el leur idole, a recueilli les débris d'un trône abattu pour y placer d"Orléans, et l'usurpateur, plus heureux que son parenl, a trouvé de;; ministres ilociles dans une société qui depuis longtemps a prostitué sa tribune au panégyrique de tous les hommes corrompus. u Ils onl massacré dans les prisons des milliers de victimes; Ils ont volé des millions au garde-meuble; ils ont stipendié des bourreaux pour venir nous égorger clans nos villes; ils ont député vers nous des apôtres de révolte

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