Jean Jaurès - La Convention

1290 IIISTOlllE SOCIALIST!s les co11wûs<,1ù·Pn.<u respect dPi propri,'t;,_ .1 .1 i.e, un ouvrier employ, 1 à la ,•,ipamlion drs c//Pmi11sleur a tenu le même la11gnge. llorbaroux conclul nu rapprl d,•s commissaires el à la suspension de leur arrùté. • Guadet a caractérisé, avec une ironie déchirante, l'espèce de contreri'volution dont les commissaires accusent ~larseille. C'est la conlrr-révolulion de l'<'galilé contre le despoli"ne de quelque; brigands, des lois contre la dolrnce arl!itr,lirP, de l'ordre conlre l'anarchie. • Oh! l'heuren,e contre- • ri'vol11tio11, s'est éc rié Guadet, c'e,t la mOme qui en 1789 fil sortir la philoso hie el les lu lllièrcs des lénèb res et de la barbarie 011 le despotisme les • avait plon"ées; c'est l t 111ême qui a fail Il iomphrr la liberté des efforts de " la tyrannir. • Gn11lel a ap ,uyé les conclusions de Barbarou,. » Qurl triste aveuglement! ou 11lulôt, pui,que la Gironde sr proposait surloul d'ac,·ahler le parti de la \loJnlag, e, quelle triste néces,ilé I Elle accPptait de couvrir ùe be ,ux mol, républicains un mouvement profond de réaction royalisle et de conlre-rôvolution. Sans doute elle réussissait à se tromper ellt>-mêmc. Elle ne voulail pas s'avouer que ses alliés étaient des ennemis de la R-'p11blique el ùe la Rovolution. Le réYcil sera terrible quand la Gironde sera ohligéc de se prononcer pour le royalisme brusquement déclaré, ou de rcconnallre qu'elle avait encnura,;é à son inrn la conlre-ré,·olution. Chose frappante I Le ,onci qu'ont les Girondins de se réclamer dn peuple panvre, de montrer, que, d,111sle mouvement marseillais, les ouvriers, menuisiers, cas,eurs de pierr,', s0nl au premier rang, répond à la taeliqne <le 'a conlre-r<'volulion vendéenne qui, cllP aussi, prétendait Nre d'origine popu• l ire. El par quelle étrange el coup1hle complaisance ce~ «hommes/l'ordre• l'ont ici l'apolog'e d'un tribunal po1>ulaire marseillais qui était l'instrument tout préparé des violences sanglantes contre les premiers et plus fen•ents auiis cte la Révol11LionI Il est vrai que le Pal>'iote français manife,te en ce point un peu à'eml!arras : • Marseille, rendue à la liberlé et à l'or,lre, doil renoncer à ce lribunal, elle ne cl oit pa~ emprunter à l'anarchie se, m0y~ns oHCLn ; elle ne doit reconnallr~ de Lribunau, que ceut que la loi avoue. ~Iarscillais, la loi, la loi, c'est là le but de nos efforts, c'est là notre point de ralliement.., Ici, une secrète inc1uiétu le se fait jour to:it de mëme. Ducos, dans la Chronique de Paris du i5 mars, élude les dif'ficultés par ,le vagues déclarations conciliantes. Il dil, ré.umant et comme11lant la lettre des commissaires: " Tout à coup les sections ont exercé la souveraineté; elles ont créé un tribunal populaire, et, chose élrange, les autorités constituées ne se sont pas opposées à ces actes de fédéralisme. « !\lais si les autorités constituées et les citoyens sont ainsi d'accord, quel que soit l'objet de leur union, son effet nécessaire du moins est le maintien de l'ordre; comment se fait-il clone que l'ordre soit troublé'/ « Les commissaires expliqueront cette apparente contradiction ...

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