Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIRE SOCIALISTE 1:?73 nous nous sommes réunis en famille, en y adjoignant les autres autorité, constituées. Ceh nous devenait d'autant plus intéressant que nous pou1ions compter sur la pureté du patriotisme et des intentions du district, de la majeure partie de la municip~lité el du maire, qui réunit IPs sulîrages dP tous Je, bons patriotes. Aprê, avoir fait lecture de nos pouvoirs, nou, nous sommes fait rendre compte du recrutement el ,IP tout ce qui en dépend. Tout était à cet égard consommé. Il y avait mêmP un excédent et quelque, volontaires étaient partis pour se rendre à leur destination. Nous n'avons point oublié les chevaux de luxe, de la quantité desquels nous attendons un état du directoire. • Venant emuite au, mesures de s0reté générale, nous avons interpellé les autorités constituées, formées en comité, de nous déclarer el faire connaitre toutes les personnes connues pour exciter, fomenter ou être le sujet de troubles ou de divisions dans le (\éparlement. Comme nous l'avons déjit dit, il n'y a rien de si tranquille que le département de l'Isère. 'l'ous les aristocrates, tous les dévots modernes, tous les saints de la Vendée et des Deu,- Sèvres sont des gens résignés aux circonstances. Nous leur avons fait part d'une liste nombreuse de gens désignés par l'opinion publique comme 6lant les plus mortels ennemis de la Révolution et comme véhémentement soupçonnés d'avoir des intelligences secrètes avec les ennemis du dehors. La discussion a été ouverte sur cette liste, et continuée pendant deux Jours cl une partie des nuits. Elle a été défi nilil•ement arrêtée ainsi que nous vous l'envoyons. • La destitution de plusieurs fonctionnaires, d'officiers et de colonels plus qu'arislocrale,, la connaissance de nos mesures à peine parvenue dans le public, l'esprit des patriotes s'esl ranimé. Quelques membres du directoire du département que leurs bons principes el leur modestie nous empêcheront de nommer, ont repris loul leur courage et se sont trouvés dédommagés du chagrin qu·avail pu leur caurnr une majorité plus que feuillantine. • Mais c•e~t trop vous parler d'elle. Sortez avec nous du directoire du département. Venez dans les campagnes respirer l'air pur de la loyauté, de h franchise, de la fraternité et du républicanisme le plus décidé. Traversez ~loirans, Tullin•, Saint-llarcellin, la Sône, \'inay, etc. Arrêtez-vous un instant à Voiron, commune d"une population de 6000 àmes, el dans laquelle \'OUS chercheriel inutilement un seul aristocrate ... Embrassez, avec tout le peui,le de ces contrées, rarbre de la liberté. Ecoulez les femme,, les vieillards chanter avec allé 6 resse l'hymne des Marseillais, nous accc,mpagner, aller audevant de nous el llnir leur journée aux clubs patriotiques, en écoulant avec le plus vif intérét les principes conservateurs de IL liberté civile cl politique el de l'égalité des droits que nous n'avons cessé de leur prêcher. Recevez dans votre sein le serment qu'ils nous ont confié d"exlerminer tous les tyrans

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