• 1264 HISTOIRE SOCIALISTE tourner contre la Gironde la pointe de celte armée révolutionnaire de sansculolles? On devine dans les esprits l'exaltation sombre qui précéda les journées de septembre. De m<'lmequ·alor, les patriotes ne voulaient point partir pour la frontière du Xord rnns s'être débarrassés de l'ennemi intérieur, de même aujourd'hui ils ne veulent pas partir pour la Vendée sans s'être débarrassés de la faction ennemie qui paralyse l'élan revolutionnaire. Avant le 2 septembre, ce n'était pas aux pouvoirs publics que le peuple pouvait s'en prendre, il procéàait précisément à l'élection de la Convention. C'est par le massacre des conspirateurs ou des suspects accumulés dans les prisons qu'il soulagea sa colère et son inquiétude. Maintenant, il ne s'agit plus de tuer: mais il faut retrancher de la Convention les hommes qui, par leur égoïsme el leur esprit de coterie, par leur modérantisme et leur défiance du peuple, font le jeu de la contre-révolution. C'est, en ce sens, que l'observateur Dulard avait raison de dire à son ministre Garat, le 12 mai, it 7 heures rlu soir : « Ce moment est terrible el ressemble beaucoup à ceux qui ont précédé le 2 septembre. » Chose curieuse! :'\ous saisissons là police contre police. C'est à la minute mème où le policier ministériel Du tard signalait à Garat le péril el lui suggérait des moyens de résistance que l'iS policiers révo tionnaire,, élus des sections, délibéraient sur la mesure décisive que le lendemain 15 ils proposèrent à la Commune. Dans l'anathème un peu banal que les socialistes révolutiomnires jettent parfois aujourd'hui à la police, à toute police, il y a un peu d'ingratil ude. La police de la Commune de Paris a beaucoup aidé au salut de la Révolution. Mais ce n'est pas seulement à la Commune c1uese précisaient les résolutions el que s'enfiévraient les esprits. Des réunions révolutionnaires se tenaient de nouveau à l'l,vêché. On se souvient que c'est à l'Evèché qu'avait eu lieu, lei" al'ril, sur l'iniliatil'c de la section des Droits de l'Homme, une première réunion « de la majorité des ,ections "· Elle était sous l'influence ùes plus ardents parmi les Enragés, de Varlet el de ses amis. Un moment, devant la défiance ou l'hostilité de plusieurs sections, devant la réprobation des Jacobins el les menaces de Marat, elle avait dù s·ajourner, suspendre ou dissimuler ses opéraLions. ~lainlenanl le choix fail à nouveau du local de !'Évêché marque bien que ce sont !es Enragés qui rentrent en scène. Les réunion ·plus timides du Comité central révolutionnaire avaient eu lieu tantôt ô.ans une section, tantôt clans une autre, de préférence au ContratSocial. Elles ne se dislinguaient pas ainsi nettement de la vie même des sections. Au contraire, en s'installant de nouveau à !"Évêché, tout près de la Commune, et à portée du pouvoir, les délégués révolutionnaires des sections témoignaient qu'ils voulaient de1enir une force distincte, permanente, orga-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==