Jean Jaurès - La Convention

1260 HISTOIRE SOCIALISTE semblera que deux fois par semaine, et le même délégué ne pourra y être admis plus de deux fois de suite. Les frais en seront supportés par la Commune. On demandera au Comité de sO.reté générale si les membres <lescomités recevront une indemnité. lis seront munis de pouvoirs uniformes et imprimés, visés par le Comité de sO.reté générale, et s"appelleront commissaires révolutionnaires. > (Mellié, d'après les p1·ocès-verbaux du Comité révolutionnaire de la section des Piques). Cette sorte de comilé central officiel ne fonctionna guère. D'abord, il se peut que la création du grand Comité de salut public, décrété par la Convention le 6 avril, ail réduit, un moment, l'importance du Comité de sO.relé genérale el mis un Lerme à celle sorte de prise de possession des pouvoirs révolutionnaires de Paris à laquelle il procédait. Surtout, les délégués des sections ne voulaient pas d'un comité central soumis à la tutelle de la Convention. Ils commençaient à se réunir à une des sections les plus agissantes. celle clu Contrat social. Ils s'y rencontraient une fois par semaine, et le Z7 avril, ils s'adressaient au Comité de salut public de la Convention pour lui demander des indemnités pour les membres des comités révolutionnaires de Paris, composés en grande partie d'ouvriers. Pendant que s'ébauchait, tant0L avec Je concours el sous le contrôle de la Convention, tantôt par l'action spontanée el indépendante des sections, le Comité central révolutionnaire, la Commune essayait, elle aussi, d'organiser un vaste groupement des forces démocratiques et populaires. · Dans la séance du 1, mai, Cha umelte, en un grand réquisitoire, demande: • Que le Conseil général de la Commune arrête que, jusqu'à ce que les dangers de la patrie soient passés, Lous les corps administratifs, toutes les autorités constituées de Paris, Je département, la Commune, les présidents des sections. ceux des comités révolutionnaires et des comités civils soient invités à se réunir en présence des citoyens, deux fois par semaine, les jeudi et dimanche matin, dans un lieu assez vaste pour y délibérer sur les mesures à prendre en commun pour Je maintien de l'ordre, le ~alut de la République et le bonheur des citoyens. » C'était compliqué, théâtral et vaste comme tout ce que créait l'imagination excitée de Chaumelle. Et ce n'était guère pratique. Car les résolutions fermes el nelles supposent des délibérations plus concentrées. Mais c'est encore un indice de l'universel ef!orl de groupement qui travaillait les sections parisiennes. Les flammes de Révolution disséminées en 48 foyers tourbillonnaient et se mêlaient sous le vent d'orage tous les jours plus violent. Aux grands projets un peu vains de Chaumelle les délégués des Comités de surveillance répondirent par une organisation plus limitée et plus etflcace: puis• que l'énergie révolulionnaire de Paris était distribuée dans les sections, puis-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==