Jean Jaurès - La Convention

IIJSTOll\1, SUC:I \I.ISTE tagne el la Commune toutes le, forer, bourgeoi-cs et modérées. L'apologie ,111 modérantisme est siguificatile. Encore une foi,, le louche entrepreneur de pnblicilé ne se serait pas risqué à ce point, même ,011, Ir coul'crl de paro!,•, pseudo-socialistes, il ne se serait pa,; enhardi jusiJ11'à 1li're11dre CP:l ras,r111hlrmeol:, des Champs-EJy,écs où Jp, ègobtr, commis de houliquc el la jrune,se riche se m~lt'rcnt aux royalistes et a,ix émi~ri'•s, ,i l'appd,lc Pelion à la hourgeobie el aux propriétaire, n'a,•ail pa, lrou,c •le l'echo. ~lais les portrs des maisons co,sues et ju,que-là silencieu-es s·étaienl Oul'ertes avec fr.ica,; pour laisser pa"cr toute un,• armoe de con tre-ré\O)ulion, toutr une cli1•ntèlt~ de fourni,seur,, <l'employés, de dome.tic111e.-, conduits par de, fils de bourgeoi; el de, ag,•nls de finance, . .-\in,i, pour la pr,•n1ière rois depuis l'oricrine d•• la Ré1olution, la lutte, sourde jusque-là, des dent fractions du Tier, Etal, -e rkclar3il ouYerlemenL el violemment. Ce n'clail plus un de ces mouv~n,ents tumultueux d·émeute où, au uom du droit à la ,ie, les 1,auvre, pillail'nt quelques magasins et quelques boutiques. Cc n'était plus un d~IJaLde lrilmne entre le parti qui s'apµuyait surtout sur la bourgl'oisie cl le parti qui faisait appel à l'énergie révolutionnaire et à la force musculaire du peuple. C'<'lail. au cœur mème de chaque section, la rrnconlre et le conflit des deux ria-se,. C'était, chaque soir, une sorte de corps à corps, une mêlée souYeot vi,ilrnle <les sans-culottes el de ceux qu'on appelle déjà « les culottes clorél's • ou les belles cuisses•· Les br/les cuisses? l,e mol e:.l de Chaumelle, comme e11 témoigne un rapport que le policier Dutard (ou plus noblement : " ob-e1 rntPur de l'~opril public • J adre,sé à Garat, le lundi 20 mai. Les cufolles doré,.,! IP 111OL est de Rollespierre, parlaul au, Jacobins. Robespierre voyait bien que le conflit politi 1ue prenait forme lie conflit social. El certes, devant la mobili,ati,rn conlre-réYolulionnaire des forces bourgroi.es, il se félicitait de la mobilisation rél'Olutionnaire de, fore, s prolélaricnoes. JI n'aurait 1)3Svoulu cepP.ndauL c1ue la Révolution aboulil à une lutte iystémalique contre la rkhesse el détournàl d'elle celll' portion ,tP la riche bourgeoi~ie qui, par prudence, ne pr~nail point parti ou par gènéro- ~ité el largeur de \'UCS restait Il :èlc 1111mou\Cme11t réYul11Uon11aire. Le Pelletier dl' S d nt-Fargeau, dont on 1enail rie célclJrcr magnifigucmt11t les ruoéra.ille~, n'aYail-il pas été tout rosrmhle un des plus riches propriétaires de Franre el un •les Mont.,gnards le, plu, ardeuts? C'est cetl-0 double préoccupation cle comhal cl de prudence, qui se marque dans le IJrer ré-umé ;Ju di,rour, prononcé JJUrHohcspierre au, Jacobins danR la séance du mercredi 8 mai. c·rst seulcmenL qua11d elle se traduit par un lu~e arro;;a11t, et par des prétentions proYocatrices, que la richss,c duit èlre su:;pr~te : "Celui-là e,t un insensé, s'écrie-L-il, qui se persuade que les 10.ches partisans de Dumouriez et ùe Cobourg aient sérieusement lïnteoûoo de repou,- ser le, brigands de la Yendér. li n'y a plus que deu, parti~ en Fran::e : le peuple et ses ennemis. li raul exterminer tous ces êtres vils el scélérats qui

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==