Jean Jaurès - La Convention

1108 IIISTOTnE SOCIALISTE la Convention, qu'il n'était d'ailleurs au pouvoir de personne de calomnier une grande assemblée, el que celle-ci ne pouvail ôtre avilie que par ellemème, si elle trahissait son devoir. Le malaisé pour lui était de réclamer l'inviolabihlé due aux représentants, sans couvrir d'avance la Gironde de celle inviolabilité. Il n'esquiva pas la difficulté. "L'acte d'accusalion, avait-il déclaré dans un mémoire écrit, est donc nul el de nul elfe!, en cc qu'il est diamétralement opposé à une loi fondamentale qui n·a pas été révoquée, el qui ne peut point l'être; il e.1 nul el de nul eliet en ce qu'il allaque le plus sacré des droits d'un représentant du peuple. Ce drQÎ/n'f'mporte pas CP/ai de machiner contre l'i:tat, de faire une entreprfae co11tr,•les intérèts de la liberté ... , etc. • Le tribunal révolutionnaire, composé des hommes en qui le Patriote français exprimait récemment son entière confiance, déclara à l'unanimité • qu'il n'était pas constant que l'accusé ail provoqué dans les éails dénoncés, le meurtre el le pillage, le rétablissement d'un chef de l"État, !"avilissement et la dissolution de la Conve11tic11. » ;llaral fut porté en triomp;1c à la Convention par le peuple : le cortège obtint la permis,ion de défiler; et ~la rat, embrassé par les patriotes de la M'ontagne, acclamé par les tribunes, sembla un moment le roi de Paris. Aussi bien, les sections de Paris n'avaient pas attendu le jugement ponr porter un coup droit aux chefs giro11dins. Dans une salle voisine de J'llôlelde-Yille, à l' Evêché, les forces révolu lionnaircs, les délégués des sections se réunissaient. Jls rédigèrent une adresse qui était un acte d'accusation direct contre les chefs de la Gironde. Elle fut lue à la Convention par Rousselin, le 13 avril : • Les Parisiens ont commencé les premiers la Révolution, en renversant la Bastille... lis ne viennent pas faire acte exclusif de souveraineté, comme on les en accuse tous les jours; ils viennent émellre un vœu auquel la majorit6 de leurs frères des départements donnera force de loi; leur position seule leur donne l'initiative du cri de la vengeance. • Nous reconnaissons ici solennellement que la majorité de la Convention est pure, car elle a frappé le tyran. Cu n'est donc point la dissolution elfrayante de la Convention, ce n'est point la suspension de la machine politique que nous dema11dons; loin de nous cette idée vraiment anarchique imaginée par les trallres, qui, pour se consoler du rappel qui les chassera de cette enceinte, voudraient au moins jouir de la confusion etdu trouble de la France. Nous venons, armés de la portion d'opinivn publique de la Commune de Parb• provoquer le cri de vengeance que va répéter la France entière : nous allons lui indiquer les allenlats et les noms de ces perfides mandataires. » Et après un réquisitoire étendu, où Guadet, Vergniaud, Brbsot el Pétion, surtout ces deux derniers, étaient parliculièrement mis en cause, ils concluaient :

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