Jean Jaurès - La Convention

i 102 IIISTOIHE SOCIALISTt,; Yaricr à l'infini, cl ils ne sont bons que pour les m6diler. JI faudrait érrire à l'empNPllr, au roi de Prusse el d'Angletrrre, ils ont élé parfaits pour vous. -urln11l le roi de Prusse. Il faudraiL écrire aussi à lïmpéralrice; mais une lctlrP ~im ,le et <ligne, car je ne suis pas content de sa conduite; elle n'a jam~is réponrlu à volre lellre. » E,l-il bPsoin de marquer ce qu'il y a de pitoyable el de tragique dans les pt·i•caulions que prenrl Fersen en vue du rétablissement presque immé•lial de la 111O11archiec,ontre l'influence excessive et contre les prétentions des émigrés, du comte d'Artois et de Dumouriez? Je sais bien que Fersen ne lardera pas à perdre ses illusions et qu'il constate quelques semaines après« le peu d'utilité de la trahison de Du mouriez ». ~lais les ennemis de la Rél'oluLion avaient cru un moment qu'elle était à leur merci. De Stockholm, le duc tle Sudermann écrit à ~'er.sen, le i6 avril : « Il est donc arril'é ce moment que le délire el les succès tragiques et rnnguinaires de la France vont cesser, qu'elle sera enfin soumise à ses légitimes mattres, et que la malheureuse famille de Bourbon, notre ancienne et véritable amie, entrera dans ses anciens droits; qu'enfin rétabli sur le lrone de son père, on verra Louis XVII, gu irlé par une mère tendre cl respectable, recevoir en même temps l'homm'1ge d'un peuplr coupable, mais trompé, el punir d'une main terrible le; meu1·Lricrs de son père, ramener la tranquillill 1 rn Europe el la royauté outragée, en écrasant celle secte impie dont les princi1 es exécrables menaçaient d'in fecler le monde d'un barbarisme universel.• El malgré ia rléception qui sui vil l'échec de la ten lative de Dumouriez, abandonné par son armée, la coalition pen~ait bien que la Révolution était it bout. Le baron de Stedinck 6cril de Sainl-Pélers bourg, le 26 avril : « Le plan de mellre le comte d'Artois à la tète des mécontents de Bretagne esl conl'enu eolro n:spagne, L\nglelerre et la Russie.» Dam, i 'rrc essayant d'arrMer \'invasion sur la frontière de Belgique élail refoulé, cl, le 0 mai, frappé à mort; les p,aces fortes du nord étaient menacées d'inl'eslissemenl. Contre tous ces dangers, contre toutes ces menaces il fallait une force impétueuse, directe, sans hésilation ni complication, et la Girondr, par son rspriL critique, dénigrant cl négatif, par ses préoccupations de coterie el ses jalousies de sectes était pour la Révolution un poids mort dont elle devait se délJarra•ser. ~lais celte élimination ne pouvait se faire par les l'Oies paciOques et 1, 1 • gales. Il élaiL impossible d'espérer que la Convention retirerait leur mandat au, Girondins les plus compromis, ou même qu'elle anéantirait complètement leur influence dans les Comités el les réduirait, selon le ptan de Robespierre, à la nullité politique. La Girontle avait la majorité à la Convention. En mar;, avril el mai, elle s'appliqne à affirmer sa force numérique et sa volonté de ne pas abdiquer par le choix de présidents à elle : le 7 mars. Gen-

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