Jean Jaurès - La Convention

HIS'l'Ull~I, SIICIAl,ISTE 11~,t « T:n jour, on lui amena un pa1san vendéen. Ce ,ieillal'd élail aveuglé. el il wnail 1iricr le pralicien de lui rendre la vue. Quand il rut e11présence dP ~1. Guépin, il f'ul pris d'une sort,, rie délire : « Ah! vous ne voudrez pas me guérir ... Vous connai~scz ce que j'ai fait. Mab -i ,ous saviez comr.ie le sang saoule ... Quand on lue, on veut tuer toujours ... è\ous leur arrachion; le cœur l » Ce n'élail pas ,eulernenl crtte ivresse de rnng qui s'empare des foules. A Pari, aussi, aux massacres de septembre, le peu1ile avait été saisi de ce rerlig-P a'Treux. )lais da□s les gran,les cités où les individus ne se connaissent pas les uns les autres, ces grandes el terribles ivre,;c, des foules ne sont pa:; aggravée, el exa.,:érée, par des ressentiments individuels. Au contrail'e, le p.,ysan de Yendée savait qui il tuail: c'était le bourgeois révolutionnaire quïl avait souvent rencontré am rhamps de foire : c'était le ,,mon,ieur •• qu'il amit appris à ha!r. C'était le patriote qui allait à la messe de l'assermeolé, it la messe du diable. Et comme l'impie ~Orla.il de l'rgli,c profan~e par lui, le paysan l'avait lra,er;é plus d'une fois d'un regard de haine. Qu'on l'ahotte maintenant, qu'on le déèhire, qu'on le mutile. )lais souwnt ce, alrocilés aurai •nl pu Nrc évitées 8ans la complai,ance des chefs et sans les e,citalions des prêtres. Les chefs voulaient ou écraser dans le srng ou aplatir dans la terreur Lou, les groupements de palrioles. Ces peliles villes de !Jourgeois audacieux el animés de l'esprit nou\'eau, c'étaient comme iles épines rlP ,·évolnlion el d'impiété enfonrées ,!ans l'Ouest. li fallait s'en dtlbarras-er à tonl rrix pour c1ue l'Ouest tont entier fùl au roi. lü les prêtres réfractaire,, e,a,pérés par la souffrance el le dan!(e1·. s"a,,ouvi,saicnl en croranl ne ,en~••r que Dieu. Ils liaient les pa)'sans pH le crime irréparable. lis donnai<'nl au memlre je ne sais quoi de sacré: il, nouaient entre Dieu et l'homme un horrible pacle sanglant. !,routez l'aveu qu'un prêtre réfractaire, François Chevalier, fait de ces abomin:1hlcs violences; écoulez snr'loul com•nenl il les justifle: • C'est à )!achecoul que commencèrent el se p •rpétuèrent ces horreurs, nn carnage que l'on a.nrait peine à imaginer. Dans le premier jour, c'est-àrlire le lundi 11 mars, on ne se fut pas plus tôt saisi des patriotes qu'on les condui,il en prison, l'un après l'autre; mais, chemin faisant, plusieurs furent assommés à coups de bâton, d'autres furent fusillés. li e,t vrai 11uela gendarmerie et la garde nationale avaient eu l'imprudence de faire feu les premières, el (Juoiqu'elles n'eussent Lué ni blessé personne, au moins grièlemenl, celle décharge fut le signal de la guerre. On leur riposta sur-le-champ avec un peu ' plus cl'elî,•l, el de là suivirent ùes massacres, des vols, des pillages el des vio- {em:rss1111s nombre. « Li même chose à peu près se passa en mème temps dans les autres peliles villes de district, tant de la Loire-Inférieure que de la. \'endée, comme Legé, Rochecenière, Montaigu el autre~ semùlal.iles. !lais il n·)' en eut poinl

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