Jl2t li lSTOlllE SOCIALISTE Aulard, nrm1•il drs artes dtt Comité de salut public, etc., vol. I, page 389.) li n'a donc pu être désigné pour apaiser des querelles qui n'avaiml pu se produire encore. Ce qui est vrai, c'est que le 2;:;mars le Comité de défense génrrale fut renouvelé, el qu'au lieu de le composer presque exclusivement de Girondin , la Convention le forma alors, à peu près par rnoilié, de Montagnards el de Girondins. Le Comité ainsi renouvelé nomma Guyton de Morveau pré:;idrnt, el Darère vice-président. De là vient, dans les souvenirs de Barère, celle confusion. JI a cru être entré au Comité le jour où il en est devenu viceprésident el où son influence y a été plus grande. Comme il faut se défier ries .1/émoires aimi rédigés à distance des é1•énements ! Barère désigne Danton cl Lacroii comme les chefs d'un des deux partis qui se disputaient le Comité de dèrense générale. Or Danton n'y entra que le 25 mars, et Lacroix n'en fil jamais partie. Barère dit que la correspondance de Gensonné avec Dumouriez lut viwment discutée à la fin de lévrier au Comité de défense générale. Or, il est certain que nul ne connaissait celte correspondance avant 1~ mois d'avril. Cela résulle avec certitude de l'interruption adressée par Gensonné à Danton, dans la fameuse séance du i" avril : « Danton, j'interpelle votre bonne foi. Vous avez dit avoir vu la minute de mes lellres, dites C'! qu'elles contenaient. " C:elangage serait inexplicable si le texte des lellres avait été, comme l'indique Barère, ~oumis dès la fin de février au Comil6 de défense générale. La vérilé est qu~ le Comité de défense ne commença à se préoccuper des responsabilités diverses qui pouvaient se rattacher à l'action de Dumouriez que lorsque celui ci eut écrit le 12 mars une lcllre rnenaçante pour la Convention. Est-ce à dire que, pour la première période dela vie du Comité de défense génêrale, les souvenirs de fürère sont absolument inexacts? li n'y avait pas con fi il déclaro au sujet de Dumouriez, mais il y avait lutte sourde <l'influences. Les Girondins, par Gensonnè, cherchaient à mettre la main sur lui, à en faire décidément leur homme, tandis que Danton qui, en sa qualité de commissaire auprès des armées ùe 13elgique, avait parfois l'occasion d'entretenir le Comité de défense, voulait se servir de lui pour l'accomplissement de ses desseins. El pendant que les partis se disputaient ainsi Dumouriez, ils l'immobili,;aienl; le Comité de défense générale se perdait en des discussions va~tes el vagues; il traçait le plan de la guerre universelle, continentale, marilirnc, coloniale, qui se préparait, el il ne Mgligeait qu'une chose : donner à l'action armée de la France en Belgique, qui aurait pu être décisive à ce moment, une impulsion vigoureuse el une direction nette. Ainsi cet organ<- d'exécution apparaissait aussi débile, aussi insuffisant que le Conseil exécutif provisoire lui-même. Aussi Danton, Robespierre el Marat étaient-ils d'accord pour donner à la Révolution, dispersée el incohérente, des moyens d'action plus concertés el plus précis.
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