Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SûCI.\ us·r,; t103 ployées contre eux, et l'on n'épargnera pas surtout les Delges qui ont ét é à Douai; « 4• En conséquence, tous les emplois, Ioules leg place; seront ré,i~né, am: plus chaud, partisans du parti vonckisl~. comme des homme, sûrs dont les chds ~ont dans le secret; cr,• Legénéral Dumouriez cess~ra les états cl 1~Constitution, el emploi,ra 1011se.v11101;enspow· s11pprim,r les abbfl!f PS ; " o• Sa Majesté le roi de France étant sauvée, alors le f;{-nfralDumouriez évacuera les Pays-Bas sous quelque prétexte, et le, troupes de Sa 1Iajc sté Impériale s'en empareront, pour entrer en France au,sitùt que cela ~e pou rra faire sans danger pour Sa ~lujesté Je roi dè France. • Et le triple académicien Tompson ajoute : • Toute la Belgique, toute la France sa,ent si celle convention s'exécute: elle a coilté à la France onze mille patriotes égorgés ù Jemmapes. • Prodigieuse élucubration où se combinent contre Dumouriez les soupçons des ré1olutionnaires françab et les haines des cléricaux belges qui lui rep rochent de n'arnir pas d'emblée rétabli tout le de,potisme catholique enta mé par Joseph li I Ce qu'il y a de curieux c'est que ce papier où l'invenllon va jusqu'à lïneptic n'est qu'une variante el un spécimen poussé à la charge de, 1111mhreuxprojets de traité que les émigrés et les diplomates d'occa~ ion commençaient à faire circuler dans les cours. Comment )larat pouvait-il concilier l'accusation qu'il 1>ortecontre Dumoul'i,·z d'a,oir fait le jeu des prêtre, en Belgique a,·ec le reproche que lui fait le clérical Tompson d'avoir « •upprimé les abbayes »? ~lais surtout comment, après de tels arlit'le::-, apn!s d,• telle, dénonciations, )la rat ,,ourra-t-il résbler, au commencement ùe mars, ù ceu~ qui veulent immédiatement rc,·oqner Dumouriez• Et pourtant, il ro,a, au risque de retourner coutre lui,mème les colères qu'il ameutait depuis des mois contre le g,·•né ral. 1':nfail, même quand il l'accœ,ail a1ec le plus de ,éhèmence, )larat n·ar nit jamais deman<lo que Dumouriez filt rappelé brusquement. JI semblait s'attacher surtout à guérir le peuple de son engouement pour le vainqueur de Yalffi} et de Jcmmapes : il voulait préparer et rendre possible le rappel de Dumouriez. JI ne voulait pas s'exposer ù désorganiser l'armée, en lui retirant en pleine bataille un chef en qui elle avait encore confiance. Maissurtout il s'ét ait fail ..n llarat depuis deux mois une sorle de détente. S'il avait éto un hyp ocrite, si les craintes parfois forcenées et folles qu'il exprimait sur la marc he de la Révolution n'avaient pas été sincères, il aurait continué, apr,'s le 21 janvier, à dérlamer ses fureurs. liais il élail de bonne foi, et il lui parut que la mort du tyran était, pour Loule la contre-révolution, un coup m,,rtel; et q ue si I intrigue poumit atténuer encore les effets de ce grand événement, elle ne saurait les détruire. C'est sans aucun mélange de joie cruelle ou de féroci té,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==