1076 IIISTOlllE SOCIALISTE élouffer dans ;;on hrrceau; elle est toute en faveur du ,·iche contre le pauvre, elle n'a pas élonné les patriote~, ils s'y altenclaienl. « Que les m~mes coups exler111inenl les ennemis du dehors el le, ennemis du dedans. Chargez-vous des prcmie~s, nous nous chargeons des aulres. Aux armes! aux armes!» C'élail le loc,in de mort contre la Gironde, à un momenl oü Robespierre el ~laral ne voulaienl ni frapper à morl ni même rejeter violemmenl de la Convenlion les Girondins. Les exlerminer? C'esl une hypothèse qu'à celle date T\ohe<piPrre n'examinait même pas. Leur retirer leur mandal el convoquer lrs assemblées primaires pour leur nommer des remplaçants? C'était entamer la Convenlion et c'élail se remellre au hasard d'élections nouvelles, donl l'issuP. élail incertaine. C'est ce que Robespierre disail <lès lors, avec insistance, aux Jacohins. Son plan était de noyer lenlemenl la Gironde clans une sorte de discré<lil définitif, de !ni enlever peu à peu tout ce qui lui reslail de popularilé, de l'éliminer des Comilés, el de la réduire à un état« de nullité politique•, sans illégalilé el sans violence. ~lais void que de Belgique éclatenldesnouvelles redoutables. Dumouriez avail quillé Paris le 26 janvier, pour rejoindre son armée. Il dil 1lans ses .lfémoires qu'il était parti « le désespoir dans l'âme•· « JI n'avait pu empêcher un crime inutile, ho nleux el funesle; il n'a,ail réussi ni à Caire annuler le décret du 15 décembre, 011 au moins à en faire excepter les Pays-Bas pour ;;auver l'armée fran~aise en cas de relraile, ni à faire étahlir une bonne administration pour les fournilurcs de l'armée, ni à obtenir les réparalio,1s, le:; re111onlespour la cavalerie, les recrues el tout ce ,1ui lui manquait pour $C mellre en campagne, ni, ce qui l'alfligeail le plus, ce qui le rendail honteu, ,l'élre Français, à iauver uu roi donl il connaissait l'innocence el la bonté, l'ayant ,u 'l très près pendant lrois mois. li allail ~e remettre à la tèlc d'une armée dt';organisée, livrée à l'indiscipline elà la maraude, et commettant tous les excès dans les -quartiers d'hiver, mal armés, sans habits, ùisper;és clans des villages ruinés, où elle manquait de lout, le long de la )Ieuse et de la Ruhr. » Dumouriez, pour atténuer son échec prochain, exagère le délabrement de l'aimée qui avail, il est vrai, beaucoup souffert. El, pour !aire sa cour à la contre-révolution, il exagère • son désespoir •· Il n'élail point dans la nature de Dumouriez de désespérer si vile. La vérité est qu'il avail constaté à Paris qu'il n'était assuré d'aucun parli, el qu'il ne pourrail manier à son gré, comme il s'en était /lallé d'aliorcl, la force révolulionnaire. Le monstre ne se laissait pas apprirniser aisément aux caresses de l'aventurier diplomate et soldat. Dumouriez ne se dit pas à lui-même, une minute, qu'il devait, même au péril de sa propre vie, être le serviteur de la Révolution et de la patrie, Dût-il êlre méconnu, dùt-il êlre dévort, il n'avait qu·un devoir: regarder
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