Jean Jaurès - La Convention

1.0.'lO HISTOlRE SfJC1ALIS1'E mil're, qui ,erYenl au hlanrhissa,::e sont montées d'un tel clei:;ré q□e bientôt la rla•se du peuple la moir., forlun~e sera hors d'dat de se procurer du linge hlanc. donl elle ne peul Ah,olument se passer. Ce n'est pas la denrce qui marnp,r. elle e,l Hhondante : c·esl l'accaparement et l'agiotage qui Ja font ea- ,·hi-rir. \imi, le sa10n qui autrefois coùlail 14 sous la livre. reYienl aujourd'hui à :!:! ,ou-; quelle ditkrence ! • l,i'7i-'lau11rs, vous avec fait tombPr sous le (}laive des lois la tille du tyran: 1111e fr qlafre des loi< ,;'oppna11ti.s<e sur la the de ces sml(JSI/P.<JJ11Miq11P<,.<ur cr, fw1,1mr< qui w• di,ent µerµét11ellem~,1 les ami< du peup 1r• et qui ne lr carP<SPIILq11e prmr mieux l't'touffer. :'\ous demandons la peine ùe mort Mntre les accapareur, el les agioteurs. • c·e,t l'écho tout 1if de, prédications de Jacques Roux. Le même jour, des citoyennes de la Soc;été fraternelle, séant aux Jacobins, renouvellent les protestations contre le trufic de l'argent : • Elles e,poscnt que, 1•an, le moment où elles ont le regret de voir partir leurs mari,, leurs parent, wr les rronlières, elles rnnt efTraiées d,•s manœ1n·1 e, ,'es acl'.alareur,. c·e•t pourquoi elles ,ienuent demander le rapport du décret de l'Assrmblée Constituante qui déclare l'argenl marchandbc. Elles ;ien•ent que c'e,l là le seul moyen de tarir tous leurs maux. • C'était le prélude du mouvement du lendemain. Dans tout Paris, des citoyens rt des citoyennes se portent aux boutiqurs el obli!:;enl les marchands à liner la chandelle, le savon, le sucre à un prit réJuit, fhé par les a,·hcteur; ,,11,-m,'mes. Par une sini::ulière c, ïncidcnce, qui a fau,-é pour beaucoup 1l'hb1or;ens le sens de cette journée, .\Iaral fit paratlre, le malin même du :?::i fhrier, un ,·iolent article qui semblail conseiller le pillage : Il estinconte;t. ble que le, capila:bte,, lesagiùtcurs, les monopoleurs. le, marchan,1' de lu,r, le• sup· ,,1s de la chicane, les robins, les e~-nobles, etc., sont tou,, it quelques-uns près, des suppôts de l'ancien régime, gui regretlenl les r.bus c!o. t ils profilaient pour s'enrichir des dépouilles publique~. Comment donc cuncourraient-ils de bon11efoi à l'établissement du règne de la liberté et de l'c::alite? Dans l',mpv,sibilité de cban;er leur cœu·, ,u la vanité de:; moyens emp1oyés jusgu'ù oe jour pour les ramener au devoir, el d6,c~~erant di• voir le léghlateur prendre de grandes mesures pour les y forcer, je ne vois que la dc,truc ion totale de celte engeance maudite qui puisse rendre la tranquillité à l'Ctat, qu'ils ne ces,eront point de travailler lantqu'ils ~eront sur pieù. Aujourd'hui, ils redoublent de zèle pour désoler le peuple par la hau,,e exorbitante du prix des !lenrées dP première nëce,silé et la crainte de la rami ne. " En attendant que la natiùn, fatiguée tle ces désordres révoltants, prenne elle-mème le parti de purger cette terre de la liberté de celte race criminPlle, que ses lâches man~ataires encouragent au crime par l'impunité, on ne doit pas trouver étrange que le peuple, dans chaque villt, pooue au

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