Jean Jaurès - La Convention

J016 HISTOl!lE SOCIALISTE rées, suite inévitable de la dépréciation des assignats et de;; manœuvres (réel!Ps ou présumées) des accapareurs, rend la vie plus difficile. C'est à cela qu'il faut parer, et tout de suite. Lesgroupcmcnlsrévolutionnaires ont un programme très pressant, et, en quelques points, très précis. Ils demandent qu'il soit mis un terme à la dépréciation des assignats el à l'agiotage sur les moyens d'échange par la prohibition de la monnaie de métal, el que les denrées soient taxées par une loi générale du maximum. Le 3 février, c'est la question de la monnaie que posent devant la Convention les délégués des 48 sections de Paris, du Conseil général et des défer.seurs réunis des 84 départements : « Citoyens, nous venons encore une fois réveiller votre attention sur le décret de l'Assemblée consliluanle c1ui déclare l'argent monnayé marchandise. Celle mesure anlicivique, qui enfanta l'agiotage el la friponnerie, entrait parfaitement dans les calculs des ennemis de la chose publique. « Ce décret est le principal moteur des maehinalions que les liberticides emploient pour renverser l'édifice sacré de nos droits. • A cette époque une partie de l'Assemblée nationale avait juré notre perte en ouvrant une carrière à l'agiotage el à l'accaparement des denrées de première nécessité; le commerce des assignats, avec l'argent dont l'intérêt devient toujours plus fort, est destructeur des principes de la République, et a[aiblil, par conséquent, la confiance des citoyens; aussi voyons-nous avec douleur que ce papier monnayé, quoique ayant une hypothèque certaine sur les biens nationaux, sera bientôt réduil à un état de nullité par le décroissement qu'il prend dan·s J'échange. « •.• C'est de ce décret immoral que naquirent les maux dont nous sommes à présent affligés, et qui déchirent le sein (le notre corps rncial; ils pèsent sur la classe la moim, aisée du peuple, qui, pour subvenir à ses besoins, n'a que Je signe qu'on cherche à lui discréditer et auquel la malveillance est parvenue à attirer une défaveur dont l'cfl'et a porté le prix des subsistances à un si haut degré. « L'orage gronde au loin, il est prêt à éclater sur nos têtes; du courage t législateurs, du courage I Nous sommes debout; parlez, el les tyrans renlreront dans le néant. « ... Frappez sans pitié ces êtres indignes et méprisables qui se jouent avec au tint d'audace que d'impudence de la fortune publique; abattez-les, vous préviemlrez des malheurs qni ne tarderaient pas à arriver. Abrogez cette loi, fruit de l'incapacité ou de l'impéritie, rendez un décret répressif; prononcez la peine de mort contre tous ceux qui, en échangeant leurs pièces d'or d'argent, de enivre, contre des assignats nationaux donneraient une valeur inlërieure à celle qui leur est donnée par la loi. • Les ciloyens qui nous députent vers vous, attendent de votre sage;se

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