1014 111S1'01RE SOCIALJSTE injuste en ce qu'elle dépouillerait de ié0 ilimes propriétaires; inutile, parce que le lendemain du partage, la mollesse, le luxe de la plupart ramèneraicn1, par des ventes, l'inégalité des possessions; meurtrière, en ce que les citoyens s'entrégorgeraient avant la fin de ce partage, en ce qu'encore Loule industrie serait éteinte, el que, dans peu, des milliers de citoyens périraient de faim el de mhère. • Il est d'autres mesures bien plus favorables à l'égalité el d'ailleurs bien plus utiles, 1,ien moins dangereuses, sans parler de régalité de partage entre -enfants, point sur lequel tous les esprits sont d'accord; j'en indiquerai deux prinl'ipales. « La première c'est d'abolir toute hérédité en ligne collatérale. Qur la rlpublique hérite, et que ces héritages soient, tous les an~, distribués e11lots da11schaque district, à des je1111Pgsens les plus labo,·ieu:c, les plus honnêtes; crtte mesure cm1 êchera la réunion des propriétés, lenr formation en g1andes mas,es; en ,lilisant les possessions, elle portera l'aisance dans dP-s familles pauvres, et inspirera à la jeunesse des deux sexes la sainte émulation du tra- ,ail et de la vertu. Or celle mesure n'a rien d'injuste; qu'un homme, pen- •ianl .a ,ie, use de son bien comme cela lui plall, c'est dans rordre de la jnstice; mais que ses droits s'étendent jusqu·aµrès sa mort, qu'un homme qui n'existe plus dispose encore des biens de la terre, c'est ce que la sociéto ne lui doit poi n l, quoique jusqu'à ce jour elle l'ail permis. Les droits et les devoirs des hommes dérivent originairement des besoios de l'e~pèce humaine, un homme donc, après sa morl, n'ayant plus de besoins, ne peut avoir de droits; toutes les propriétés deviennent naturellement communes à tous les hommes; c'est donc de droiL naturel que la République hérite. « De ce principe, il esl vrai, il suit que les enfants eux-mêmes ne sont les successeurs de leurs pères que par une concession de la société; mais on ne doil pas craindre une rigoureuse application de ce principe, un abus de ee droit. La République en usera, sans doute, pour régler le mode des dispositions paternelles, el non pour ôLer aux pères la faculté de transmeUre leurs biens à leurs enfants; l'intime relation entre le fils el le père, le besoin d'intéresser les pères à cultiver leurs biens, les immenses inconvénients qui résulleraienl dans un grand empire de celle communauté d'héritages, assurent que nos lois ne l'établiront jamais, quand même elles aboliraient Ioule succession en ligne collatérale. • La seconde mesure, favorable à l'égalilé, c'est d'excepter de tout impôL le nécessaire physique de tout citoyen, de n'appeler revenu net que ce qui reste, toutes avances, toutes charges distraites, el même ce qui est al.Jsolument nécessaire à la subsistance de chaque ramille. L'humanité, l'équité se récrient que les lois sur l'impôt plongent un citoyen dans l'indigence, dans la douleur, en exigeant une partie de son nécessaire; tandis qu'elles laissent à d'autres la faculté de vivre au sein des superfluités. Et n'y a-t-il pas de l'in-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==