Jean Jaurès - La Convention

088 Il IS'l'OJRE SOCIALlSTE con,tances cl la nécc,,ilé d'augmenter ou de diminuer la force des armées.» Si j'ai anticipé sur la marche ùes é\'énement, en citanl, dès mainlenant, une inslruclion du Comilé tle salnl public qui n't),isle pas encore, c' esl pom marquer a1ec précision l'in.mensilé de l'efîorl que supposail la loi d'orgauisalion ,lu 2-\ février. C'eüt été peu de chose sïl avail suffi de grouper deux bataillons ,de 1olo11laires conslilnés el encadrés avec un balaillo11 de solJats de ligne, cl de sonmellre, à l'intérieur de chaque brigarlc ain,i formée, l'avancement au mode fixé par la loi. Mais les éléments mt\rnes de ces brigades élaienl très di,persé,. El la proporlion des cadres à la force de chaque armée était si variable qu'il !'allait d'abord transporter une partie des cadres d'une armée à une autre. El eneore cc transport n'él~il pas loujours possible parce que les armées n'étaient pas homogènes. Il y avait, par exemple, des volontaires ,pèciau, à deslination de la Vendée el qui s'étaient enf(agés exclusivemenl pour celte guerre. Ceux-là ne pouvaient ôlre versés dans la mu,se. « L'armée de la Yendée sera composée de deux élémenls que les circonstances ne permellront pas de confondre. Ils (les commissaires) feronl etrectuer Jïncorporalion des recrues levées en exécution du décrel clu 24 février, mais ils maintie11dto1,1m bataillons séparés les citoyens qui ne se rendmt à l'armée que pour terrasser le fanatisme- "t dissiper lrs rebel!Ps, et ils permettro11t à ces bataillons de se retirer, lorsque la tmnquillite publique sera complètement ,·établie. » Comment ces bataillons spécialisés, qui ne pou vaienl être appliqués à un autre ohjel, auraient-ils pu être incorporés dans une demi-brigade, el liés à des lroupes, qui, elles, pouvaienl èlre dirigées sur Lousles points de la guerre? Yoici encore, à litre d'exemple, une difficulté de délai!. Quand Mayen ~e capi• Lulera, les lroupes françaises auront permission de sorlir avec leurs armes, mais sous la promesse de ne plus comballre contre les alliés. Elles ue pouvaicr,t donc plus être utilisées que contre les ennemis de l'intérieur, contre les factieux. Elles furenl envoyées en Vendée, mais comment celles-là au-si. n'ayant qu'nn champ d'action restreint, auraient-elles pu êlre associée; dans une organisation permanenle à des forces qui pouvaienl être portées partout ·1 ~lais la difflcullé esseuliclle était l'inégale distribution des cadres scion les armées. De plus, comme il élail impossible de communiquer d"emblée un mouvement réglé et des habitudes slrictes de discipline à une masse recrutée d'hier, sans instruction mililaire el sans cadres, comme les officiers ne pouvaient conquérir sur ces levées une autorité morale immédiate, plus d'un observateur fut d'abord tenté d'imputer au principe électif, qui semblait mettre les officiers dans la dépendance des soldats, les premiers désordres inévilalJles. Ainsi, à l'armée de l'Ouesl, les commis.aires de la Convention, Gou. pilleau de Fontenay, et Jard-Panvillier, frappés du surcroit de difllcullés qui

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