Jean Jaurès - La Convention

!lî4 111S1'0lllE SOCIALISTE prospérilc donl IP lahlrnu pùl li,er le M,ir de~ pPufllcs circo111oisins el les cnlralrwr ."l l'imitation par IP d1armc de la lélil'ilé flUhlique! • Oire que la ,Otl\'er~ineli• réside dan, l'uuiver-alilé ,lu grnre humai11, c·e,l <lire que la Fra11rr n'c,l qu'une portion ,lu so111erain, qu'elle n·a pas le droit, par conséq111•nt, cl't'lahlir chez elle lt'' luis qui lui convirnnenl, !'l notts a,ons pour principt', an contraire, que tout pruple. quelle que ,oil l'exiguité du pays qu'il hahile, c,l absolument maitre chez lui, qu'il est /'~al en droits au plus ;;rand, et qn•• nul nr peul légili111e111enlallcnler il son iudépendancc, il moin, que la ,icnnc· pro11rP SI! lroavdl ,·isiblemcnl c·omprornise. • En nous fai•anl une loi d'aclmellrc ainsi il rt'union lott< r,•ux qui Ir ,Jt'- sireraienl ou paraitraient l!• désirer, nous n01h e,p ,erion · à \'Oir bie11Lùl \'Cnir siéi:-er parmi r ou, nos plus implaraltlt•s ennemi~; rar aprr, al'oir ohtenu leur i11cor1.oration, et, par conséquent. le rlroil de repri·,,.nter il la clièlc française, par les Mmonslralions d'une fraternité p•ul-ètrc simulce, rie11 ne pourrait les !'mpi'cher d'app01ü•r clan, 1,: ,t'in du Cor11sh-gi,lalil une ma,sc d'opinions anli-populairt's, qui r.•plonscra,enl la l\épublique ùans le chaos el la confusion des prinripe•. • l\lais quel temp, qne celui oil la Franrc rél'olnlionnaire croyait arnir il ,e ùéfenrlrc con ln• l'l'mpresser111•nl e,ces,if iles peuples h ,e réunir il elle! Elle faisait ,,noir à tous (Ju·au delil cl<' ses limitPs 11aturcllr, clic n'acrPpler.lit ,as mêmP. le; clemarnles spi,ntanées d'incorporation. Ain,i la lhéori,. clc, limites naturelles rcnclail possihle lapai\ avec l'Europe. AVt'c la propagande rèrolulionnairt• univer,ellr, non <euJt,menl la paii élail impossible, mais l'ile était incon ·e,·able. Qu'aurait ,ianilié eu l'tfcl un contrat qui pournil Nrc boulevcr-,· dc's le lcnclem·dn par le mouvt•m·•nl 11·1111• partie des peuplPs ,tYcc les,,11,,ls l.t France nurail négoci,\ '/ \u contraire, s'il élail bien en1,,nt1u (Jn·,•u aucun ca~ I.1 France 11Psorlir,til <les1imiles une fois lhée,, une ha,e précbc ,'offrait aux négociations. L'idé,• de Danton devait agir aussi comme un calmant ,ur le monde: car les minorités nholuliounaires disséminées en Europe cnnlie1ulraienl leur impatience, el accorùeraienl leur marche avec l'érnlulio11 plus lente de l'ensemble, •i elles savaient qu'en aucun ca, la Fra11ce révolutionnaire ne con$entirail il les annexer. L'anne,ion ét,til, en somme, la seule protection r,onstanle el certaine, comme ~'orslPr le répelail au~ Mayençais. Ain~i le refus d'anne,ion élail une irnitatioo à la pru,lence. , oici donc ()Ut', dans ce système, la France révolutionnaire se dresse, fii're, inficxihle, hèrnîque, jusqu'it ce qu'elle ail obtenu de tous la rPconnai,- sance de son lar,.:e <lroil au soll'il el à la vie. Ce n'e,l pas dans une poslure humble qn'rlle sollicil,• le, l)Tans: elle ne H'Ul pas a,ec eux d'un accommodemenl uir um• partie de ~a liberté serait compromise: el c'e,l ,,ourquoi elle est all,•e jusqu'au l.loul de son droit, ra lrappanl son roi ù mort. Ainsi cc n'est pas une Rë,·olution li111i,lePl embarrassée d'clle-mtlme que l'Europe el le monde accepteront. El cornml' il faut qu'elle dl'nne aux peuple,;eL

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