IIIST!!ll\E sor.1.\LIS1'E 963 Même la légende pieu<e qui envrloppa la mémoire dn roi « martyr » a été, en nn sens prof'on,J, funPste à la monarchie rrançai,e. Elle la h:11,s,a, si je pui,: dir,•. aux r,1F(ions surnaturelle,, m:d;; rlle la <li"•tach1de la réalitf. Le roi, prc,que béatifié par une mort sain le, emporta aux ri-•nx la royauté: « J., vais éch·1nger, disait-il, une couronne mortelle pour une couronne immortelle. • Ce rut un échange à peu pr/>s dl'finitif, Pl ~ui Yalul pour ses <lcsccn•'anls comme pour lui. ~fainte11anl, c·e,t -urtuul il • la couronne immortelle» quïls peuvent prétendre. Le lcstame11t de Louis XYl était un arlieu à la terre el à !"histoire, pour toute sa race. Pas un moment il n'y parle en représentant de la royauté, en. sou,erain vaincu par la llé1<1lution, qui a ou des rernnchçs à prendre sur elle ou des malentendus ù di;siper al'CCelle. Pa, un moment il ne se demande par quelle ,érie de faules ou d'erreurs ou de mépri,es il a été conduit à cette c\lrémilé terrible. Pas un moment il n 'interroge !"avenir de la !~rance, pour swoir ce qu'elle attendrait de son fils et cc qu'elle aurnit le droit d'en allendre. A quelles conditions se pou l'ail faire la réconciliation de la r:tévolulion el de la monarchie? Il n'y songe pa,, Il ~emble GUe n·ayanl pu résoudre le problème pour lui mème, il évite mème de le poset· pour son fils. Contre les hésitations d'une volonté obstinée tout ensemble el débile, il ne trouve de reruge que dans la certitude clc la m,,1·t. C'e»t bien, au fond, une pensée cl'ab,olutbme qu'il lègue à son fils, et • le bon maitre,, est resté son idéal. :liais il lui lègue cet idéal comme un fardeau dont il semble souhaiter que l'accablement soit désormais épar"né à sa race. « Je recommande à mon fils, s'il avait le malheur de devenir roi, de songer qu'il se doit tout enlier au bonheur de ses concilo)'ens, quïl doit oublier toute haine cl tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs el au~ chagrins que ïéprouve; qu'il ne péul raire le IJonhl'ur ùu peuple qu·m régnant suirnnl les lois; mais en même temps qu'un roi ne peul les faire r~specler el faire le bien qui est dan; -on cœur qu'autant qu'il a l'autorité ncccssaire, et qu'autremcnl, étant lié dans ses opérations et n'inspirant point de ;espect, il est plus nuisilJle qu'ulilc." A ces re;;,Ns du pouvoir alJsolu d·autrefois 1car des lois qui ne lient pas \es opérations du roi ne sont pas des lois), se mNcnt, comme on l'a vu, des pensées de détachement alJsolu. li recommande encore à ses enfants de ne • regarder les grandeur, de ce monde, s·its sont condamnes à les éprouve,·, que comme des biens dangereux et péri-sables ». Décidément la monarchie lrançaise est finie. Entre la Cange de Loui, XV el le renoncement dévot et débile de Louis XV! elle n'a pas su lrouver le large chemin de la \ie moderne et de la démocratie. Louis XVI affirme surtout sa fidélité ù l'Eglis~, il s'accuse d'avoir sanctionné la Constitution civile du clergé. El tout son testament est un acte de roi envers celle Égli.e qui l'a perdu, un acte de pénitence pour le co,co irs forcé qu'il a prêté contre elle à la RéYolulion. Mais quoi! si, dans le tegtament m~me du roi, la monarchie
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==