030 IIISTOIRE SOCIALISTE peinP est contre mes principes; je ne la voterai jamais. Je ne puis voter la réclusion qnr nulle loi ne m'autorise à ,otcr. Je vole pour la peine la plus gra1e <!ans le Code pénal el qui ne $nit pas la rnorl. Je ùemande que la réflexion de )[ailhe soit discutée, car elle le mérite. " Mais Danton, si conciliant d"habitude, lui qui bientôt, attaqué à fond par la Gironrle, ne ;;c décidera qu'à la dernière extrémité à marcher sur elle, à quel mobile obéissait-il rn fai,ant de l"énoncé de son opinion une sorte de brel rérJUisiloire contre les Girondins? • Je ne suis point de celle foule d'hommes d'Etat qui ignorent qu'on ne compose point avec les tyrans, qui ignorent qu'on ne frappe les rois qu'à la tête, qui ignorent qu'on ne doit rien attendre de ceux de l'Europe que par la force de nos armes. Je vote pour la mort du tyran. » Il pen,ail •ans doute que puisque la guerre générale était inévitable, il fallait y entrer avec audace, avec défi, el donner au jul(emenl du roi Loule sa valeur révolutionnaire. Il en voulait sans doute à la Gironde de ces combinaisons incertaines el impuissantes qui n'arrètaient pas les événements, mais qui contrariaient l'élan de la Ilévolu lion. Comme pour justifier ce Lon dé<laigneux et hautain de Danton, Brissot formule son opinion en un discours tout plein de découragement el rie détresse. Cet honnête bomme, simple de mœurs et affairé, d"un esprit assez élen·lu, mais inquiet, superficiel el léger, était débordé par son œuvre. Il avait 1léchalné la guerre dans l'espérance candide qu'elle aurait, en quelques mois, résolu le problème de la Ilévolution : elle aurait d~masqué le roi, • déroyali,é la Con,tilution » el groupé autour de la France libre le, peuples aisément a!Trancl:tis. Il avait pratiqué en Amérique les quakers, les hommes de pai,, el c'est un peu avec des idées el des sentiments de quaker qu'il avait ouvert la guerre, comme le court et nécessaire prologue de la pai, rléfinilile <lans !"universelle liberté. Dans cette idylle, nul doute que la nation, débarrassée de la trahison et de la tyrannie, ne f"ll grâce au moins de la vie au roi. Et voilà que le vent de guerre soufflait en tempèle, voilà que le tourbillon de mort et ùe sang s'élargissait, voifü que les peuples, abusés par leurs tyrans ou effrayés par la violence libératrice de la Révolution, se détournaient de la France; voilà que dans cet orage loutes les passions de colère el de haine, toutes les jalousie~ et tous les soupçuns furieu, se déchainaient, et la grande mer apaisée el lumineuse qui devait aller de la France à L\mériq ue, envelopper el baigner l'Angleterre, s'insinuer doucement ,Jans toutes les déchirures de tous les rivages, était un océan aveugle et trouble, sombre comme la haine el sanglant comme la mort. Brissot, désemparé et efTrayé, tentait maintenant de limiter son propre ouvrage, de contenir el de refouler la guerre : • La Convention a rejeté l'appel au peuple et, je le dis avec douleur, en protestant de mon respect pour la Convention, le mauvais !(énie qui a fail
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