Jean Jaurès - La Convention I

804 IIISTOII\E SOCIALISTI~ Lure de l'Escaut. mais l'i11diffél'e11cequ'a montrée le peuple anglais à u sujet, lui a (ail totr qur cr peuple ne craignait plus les Français comme riwu.r, ri applaudi,sait mi'lne à 1111 acte de justice. • (J111'lle111,,-ion1 " Le cabinet est ùivisé en deux partis; lord lia\\ kesbury, à la li)le de l'un, ,•t royaliste outré, veut la guerre; Pitt s'y oppose. el croit que le jeu de l'..\n~leterre est la neutralité: il esl à craimlre que le premier parti ne l'emporte. C'èl11itla force de ce parti qni avait décidé Pitt à se jeter dans les bras de Portland et de Fux, 111aisla négociation est totalement rompue, et l'opposition ,c prépare à rompre des lances vigoureuses; elle doit blâmer le miuislère de n'avoir 1ias reconnu la République française, elle doit s'élever contre la guerre avec l,1France, et rnllicitcr un bon système de réforme pour l'intérieur. J,'oppo,ilio11el la nation entière sont contre la guerre, el le ministère en s<·ra pour ses préparatif~, ei même il n'en paie i,ersonnelle111cnl les frais. • ~lais quel crime alors de ne I as donner au parti de la paix, par la conduite la plus mesurée cl la plus prudente, la force de résister au parti de la guerre! Or, comment se termine une correspondance accueillie par 0d,sot, dans le numéro uu Gdécembre? Aprè,; avoir démontré que Pill veut la paix el les a,·antag('S de tout ordre qu'il y trouve, économiques cl poliliques, ello conclut : • \'ou,; le verrez proposer lui-mùme la réforme de la représentation parleme111aire.Par Lous ces moyens, il espère se garantir du progrès de la maladie fran~ai,e. ~lais ici le mal esl non seulement dans l'abu~, mais dans la réforme de l'abu~. Quand une fois on commence, on ne s,iil plus où la réforme s'arrête. Pitt ne calcule pos mieux quand il cruit arréler le goùl de l'innovation par des peines porlfPs conlre les prédicateurs d'idées séditieuses. Ces prédicateurs accéléreront la r(•volulion infailliblement. li n'y a pas d'apparence que le cabinel de Saint-James veuille rompre al'ec ,ous pour l'ouverture de l'Escaul. Peul-être serail-il obliqé de le (aire. si la Fr1111ceallaquail la llollandc. Cependant, comm• les 1·isques de ce cabinet so11t1011jo11rsles mêmes, dans ce ca1, vo111pouvc;; toujours aller de l'av11nt; votre jeu est de po11s1ervoire fot/1111eà l'extrême, el de (aire voyager le drapeau tricolore à Samt-Pé1e,·<bo11rgsi vous le pouve::. • Ai11si,sous prétexte que, en loute hypothèse, les embarras in.téricurs du ministère anglais resteront les mémes, el que les risques de révolution lui rendent difficile en lous cas de déclarer el de soutenir la guerre, Il faut que la Franc<' renonce il lout ménagement, envahisse la Hollande, même si c'esl là un casus bellt avec l'Angleterre. Pomur sa fortune à l'exlrème, voilà les conseils donnés il la ~•rance à celle h<•urevraimenl tragique, où elle doil au contraire se garder de Loule ivresse, limiter el surveiller ses propres elTorls sous peine de ~ombrer dans le despotisme militaire. Et Brissot f.lit accueil à

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